Un ostéopathe d'Alès condamné pour agression sexuelle sur une patiente
Le procès d'un ostéopathe du Gard, accusé d'agression sexuelle sur une patiente lors d'une séance de soins, s'est tenu ce mardi 7 avril au palais de justice d'Alès. Les faits remontent à février 2022, lorsque la victime, âgée de 25 ans, avait consulté ce professionnel de santé réputé pour des douleurs dorsales et au genou.
Une séance qui a dérapé selon l'accusation
Lors de l'audience, le représentant du ministère public, Quentin Larroque, a décrit en détail ce qu'il considère comme une agression sexuelle. "La jeune fille a été invitée à se déshabiller partiellement, puis totalement car les douleurs devaient être traitées en profondeur", a-t-il expliqué. "Il s'attarde sur la zone des fesses, puis passe sa main sur son vagin et ses seins. C'est lui qui décide de la nécessité d'un massage en profondeur."
Me Florence De Prato, avocate de la plaignante, a dénoncé un massage qui aurait dérapé pendant plus de deux heures trente. "Après le magnétiseur, on a l'ostéo tripoteur. Lorsqu'on est ostéopathe, on ne réalise pas de toucher pelvien", a-t-elle affirmé, précisant que le prévenu n'était plus kinésithérapeute depuis 2009.
La défense invoque le consentement et l'expertise
Pour la défense, Me Guillaume Garcia a soutenu que son client disposait des diplômes de kinésithérapeute et d'ostéopathe, avec quarante ans d'expérience et un casier judiciaire vierge. "La patiente a reçu des explications et il y a eu consentement", a-t-il argumenté, soulignant qu'à la fin de la séance, elle lui avait remis sa carte de visite.
Le prévenu, Lionel B., a quant à lui déclaré à la barre : "Si mes gestes sont maladroits, c'est que j'ai perdu la main", une explication que l'accusation a qualifiée de peu convaincante.
Une condamnation et des réparations
Le tribunal correctionnel a finalement considéré que l'agression sexuelle était caractérisée. Pour ce "dérapage, où aucune pathologie psychologique ou perversité n'est relevée", Lionel B. a été condamné à :
- Deux ans de prison avec sursis
- Inscription sur le fichier des délinquants sexuels
- 4 500 € de dédommagement à verser à la partie civile
Le parquet avait initialement requis deux ans de prison dont un an avec sursis probatoire, une interdiction définitive d'exercer les professions de kinésithérapeute et d'ostéopathe, ainsi qu'une obligation de soins.
Ce jugement intervient dans un contexte où la parole des victimes d'agressions sexuelles dans le cadre médical fait l'objet d'une attention particulière, rappelant l'importance des limites éthiques dans les relations soignant-patient.



