Nîmes : les syndicats de police dénoncent des effectifs insuffisants et des conditions de travail critiques
Nîmes : police en crise, les syndicats tirent la sonnette d'alarme

Nîmes : les syndicats de police dénoncent des effectifs insuffisants et des conditions de travail critiques

Les récents événements criminels survenus à Nîmes ont provoqué une vive réaction des syndicats de policiers. Ces derniers dénoncent des conditions de travail épuisantes et un manque criant d'effectifs face à la délinquance et à la criminalité qui sévissent dans le Gard. En début de semaine, les directions interdépartementales de la police nationale (DIPN) ont communiqué le bilan du mouvement polyvalent, c'est-à-dire le nombre de renforts attribués à chaque service. Pour les syndicats, ce bilan est très insuffisant.

Bruno Bartoccetti, du syndicat UN1TÉ, exprime son exaspération : « La coupe est pleine ! De qui se moque-t-on ? Avec huit mutations prévues pour le Gard au 1er septembre 2025, incluant Alès, Nîmes et Bagnols, alors que les services sont déjà au bord de l’implosion, il est clair que notre administration ne nous donne pas les moyens de fonctionner. Cela devient insupportable. » Il ajoute : « Nous sommes en train de crever ! Les sous-effectifs sont généralisés et les récentes opérations, comme la dernière fusillade, ont montré les limites de notre système. Comment pouvons-nous assurer les missions quotidiennes, garantir la sécurité des lieux et des victimes, et traiter les affaires courantes avec des effectifs réduits ? Aucun service n’est épargné ! Nous sommes en train de crever ! La situation est urgente et nécessite des mesures immédiates pour renforcer les effectifs et améliorer les moyens alloués aux services. Une police en danger met en danger sa population. »

Bartoccetti souligne deux situations particulièrement préoccupantes : « Les services d’investigation sont asphyxiés par le volume des dossiers à gérer » et « le centre de rétention administrative (CRA) est à l’abandon avec des effectifs en danger face au nombre de retenus à gérer. »

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Des tirs tous les quinze jours : une réalité alarmante

Du côté du syndicat Alliance PN 30, la colère est tout aussi vive. Mélissa Gil, secrétaire départementale, dénonce une situation d’autant plus alarmante que six départs sont annoncés à la DIPN 30. « Avec les mutations entre Alès et Nîmes, et des départs vers d’autres départements, en réalité, on se retrouve avec un solde négatif », explique-t-elle. Elle évoque également les difficultés au sein du CRA, chez les officiers de police judiciaire et au service des voies publiques. Selon elle, ce manque d’effectif se répercutera inévitablement sur le traitement des enquêtes et sur la sécurité des citoyens. « C’est bien beau d’étoffer les effectifs de la police municipale, mais on n’a pas les mêmes prérogatives. Nous, on fait des enquêtes. Sauf qu’elles sont de plus en plus longues car les collègues sont submergés par les dossiers. Il doit y avoir des tirs tous les quinze jours, que ce soit au Mas de Mingue, Chemin Bas d’Avignon, à la Zup Nord, à la Zup Sud. Et on ne peut pas enrayer cette délinquance car on n’est pas assez nombreux. C’est le serpent qui se mord la queue », souligne-t-elle.

Mélissa Gil adresse un message à la population : « Je demande à la population de nous excuser car on n’a pas été entendu et on n’a pas été écouté par notre administration. Et la population, elle aussi, elle va souffrir de ce manque d’effectif. Il suffit d’entendre le témoignage de ce père de famille. Et nous, qu’est-ce qu’on va leur dire à ces parents ? Excusez-nous, on n’est pas assez rapide, on fait ce qu’on peut. Mais si on nous donne les moyens, qu’on nous donne soixante fonctionnaires de plus, vous allez voir que des tirs il y en aura moins », conclut-elle.

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L'UNSA Police tire la sonnette d'alarme

Le syndicat UNSA Police a également réagi, déplorant la faiblesse criante des effectifs par rapport à la délinquance. « Le mouvement polyvalent 2025 prévoit seulement quatre arrivées pour toute la DIPN 30. Un chiffre alarmant et nettement insuffisant au regard de la charge de travail réelle du Gard. Au centre de rétention administrative (CRA) de Nîmes, qui fonctionne à pleine capacité avec 126 retenus dont 80 % sont des sortants de prison, la situation est critique et dangereuse pour les agents mais également pour les retenus. La situation est tellement tendue que les escorteurs ont été intégrés aux brigades pour pallier le manque d’effectifs, rendant ce CRA unique en France. Il faudrait 50 fonctionnaires pour assurer le fonctionnement sécuritaire et normal du site. L’UNSA Police demande un appel pour candidatures (APC) spécial pour le CRA de Nîmes ou à défaut des postes issus des sorties d’école », indique le syndicat.

Concernant les investigations, l'UNSA Police alerte : « Concernant la lutte contre le trafic de stupéfiants et les escroqueries, la DCT (Division de criminalité territoriale), la brigade financière et la DCOS (Division de la criminalité organisée et spécialisée, ex-PJ) sont également en grande souffrance. Rien qu’à la DCOS, si l’on compare avec des villes comme Avignon ou Perpignan, il manque 12 agents. Il faudrait a minima 30 policiers pour l’ensemble des services dédiés à l’investigation car nous sommes inquiets pour la santé physique et morale des fonctionnaires qui sont au bord de la rupture. L’UNSA Police demande un renfort immédiat en personnels dans tous les services clés de Nîmes, Alès, et Bagnols pour faire face aux enjeux sécuritaires majeurs du Gard. »