Un multirécidiviste condamné pour vol de Mercedes à Nîmes
Lors de l'audience du mercredi 11 février devant le tribunal judiciaire de Nîmes, Moktar B., âgé de 29 ans, a été reconduit en prison après avoir été reconnu coupable du vol d'une Mercedes GLK. Le prévenu, qui cumule 21 mentions à son casier judiciaire, a finalement avoué le délit après avoir initialement nié sa responsabilité.
Un revirement de situation à l'audience
Lors de sa garde à vue, Moktar B. avait maintenu qu'un individu de Valdegour lui avait prêté le véhicule sans qu'il sache qu'il avait été volé. Cependant, devant le tribunal, il a changé sa version des faits et a reconnu être l'auteur du vol. "C'est moi qui ai volé la voiture", a-t-il déclaré, confirmant ainsi les données de géolocalisation de son téléphone qui le plaçaient sur les lieux du délit à Bordeaux dans la nuit du 6 au 7 janvier.
Une situation personnelle "chaotique"
Le prévenu a justifié son acte par sa situation personnelle difficile. "Je suis sans domicile fixe. J'avais pris le train pour me mettre à l'abri. Et quand je suis arrivé sur Bordeaux, il faisait froid et il pleuvait. J'ai vu cette voiture, elle était ouverte. Je suis rentré pour me réchauffer. Puis j'ai vu que les clés étaient sur le contact. Je me suis laissé tenter", a-t-il expliqué aux magistrats. Moktar B. venait de sortir de prison et se retrouvait à la rue sans revenu.
Un lourd passé judiciaire
Le procureur Jérôme Reynes a rappelé le parcours judiciaire chargé de l'accusé. "Vous avez parfois un domicile Monsieur, c'est la prison", a-t-il rétorqué face aux explications du prévenu. Les 21 condamnations au casier de Moktar B. incluent :
- Vols aggravés
- Outrages et violences sur agents dépositaires de l'autorité publique
- Rébellion
- Menaces de mort
- Infractions liées aux stupéfiants
- Violences sur sa propre mère
Le prévenu a qualifié cette accumulation de délits de "spirale infernale", l'attribuant à des sorties de prison "sèches" sans accompagnement approprié.
Les réquisitions du parquet
Le procureur Stéphane Bertrand a requis une peine de trois ans de prison avec mandat de dépôt et révocation totale du sursis. "Il doit recueillir les fruits de cette excellente carrière de délinquance", a-t-il affirmé, tout en proposant "de lui laisser beaucoup de temps pour préparer sa prochaine sortie".
La défense plaide pour l'accompagnement
L'avocate de Moktar B., Me Sarah Khrof, a tenté de réduire la peine requise en insistant sur les démarches entreprises par son client pour "s'en sortir". Elle a demandé que le sursis ne soit pas révoqué afin de permettre la poursuite de ces efforts. "J'ai besoin d'aide, pas d'aller en prison", avait plaidé le prévenu durant l'audience.
La décision du tribunal
Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du ministère public. Moktar B. a donc été reconduit en prison à l'issue de l'audience, marquant un nouvel épisode dans son parcours judiciaire déjà bien chargé. Cette affaire soulève des questions sur l'accompagnement des personnes récidivistes après leur sortie de détention.