Monaco : 19 ans de prison pour tentative d'homicide sur son ex-compagne
Après quatre jours de procès au tribunal criminel de Monaco, Jean-Charles Mulini a été condamné à 19 ans de prison ferme pour « tentative d'homicide » sur son ex-compagne. Une peine supérieure aux réquisitions du Ministère public, qui avait requis 18 ans de réclusion criminelle.
Des faits d'une violence extrême
Les faits, jugés depuis mardi, sont d'une rare violence. Le 34 coups de poignard, dont 15 dans des zones vitales, ont été portés sur Fanny (le prénom a été modifié) alors qu'elle dormait. « L'agression est réfléchie, préparée, commise avec acharnement », a souligné Mathias Marchand, premier substitut du procureur. Le mobile ? La volonté de Fanny de quitter son compagnon, ce qui a été l'élément déclencheur du passage à l'acte.
Des explications jugées fallacieuses
Durant le procès, l'accusé a tenté de minimiser sa responsabilité en évoquant un suicide collectif, un trou noir dû à des médicaments, ou encore des voix intérieures. Des arguments que les experts ont catégoriquement écartés : la prise de psychotropes ne peut expliquer une telle violence. Pour la partie civile, représentée par Me Giaccardi, ce dossier aurait dû être requalifié en tentative d'assassinat, en raison de la préméditation. « Il a construit un plan pour garder auprès de lui la personne qu'il aime en la tuant », a-t-il dénoncé.
La défense plaide l'absence de monstruosité
Les avocats de la défense, Mes Giordano et Bergonzi, ont demandé une peine individualisée, mettant en avant le casier vierge de leur client et son passé d'enfant abandonné. « Jean-Charles Mulini n'est pas un monstre », ont-ils plaidé, contestant la notion de préméditation. L'accusé, qui n'a pas souhaité s'adresser directement à la victime, a finalement déclaré : « J'assume l'entière responsabilité de mes actes ».
Une peine exemplaire
Après trois heures de délibéré, le verdict est tombé : 19 ans de réclusion criminelle. Une peine assortie d'une interdiction d'entrer en contact avec la victime pendant 10 ans et d'une injonction de soins durant cinq ans. En guise de provision, le condamné devra verser 40 000 euros aux parties civiles. Le préjudice financier exact reste à déterminer. Fanny, sa famille et ses amis se sont embrassés à l'annonce du verdict, tandis que Jean-Charles Mulini est resté impassible.



