La cour d'assises de l'Hérault juge depuis lundi Bastien Barral, 30 ans, pour le meurtre de son camarade de beuverie. Dans la nuit du 26 octobre 2022, à Saint-Martin-de-Londres, il reconnaît avoir tué Frédéric Boutin à coups de couteau avant de tenter de dissimuler le corps. Celui-ci a été retrouvé entièrement nu, traîné sur plus de 200 mètres, attaché par le cou à une laisse reliée au véhicule tout-terrain de l'accusé.
Des photos qui glacent le sang
Sur les clichés diffusés par la cour, on voit le corps inerte de Frédéric Boutin, ventre au sol, jambes écartées, marqué par les blessures après avoir été traîné sur un chemin de terre. « Comme un sanglier, après trois coups de couteau », a dénoncé le président Éric Emmanuelidis. Les proches de la victime ont quitté la salle. Dans le box, Bastien Barral, chemise bleue, cheveux courts, baisse la tête.
Addictions à l'alcool et à la cocaïne
« Les photos m'ont bouffé, de le voir défiguré… C'était un copain de beuverie que je respectais », déclare l'accusé. Il explique son problème d'alcool, évoquant « trois quarts de litre de Ricard à l'apéro, du vin à table et de la Desperado la journée ». Il était aussi accro à la cocaïne, « pour tenir le soir et travailler le lendemain ».
Ce soir-là, tout a dégénéré alors qu'il partait avec Frédo, peintre et artiste marginalisé, pour chercher de la cocaïne à Montpellier, sans succès. Ivre, l'accusé raconte : « Il était exécrable, j'ai dû lui dire connard, il a commencé à m'agresser. » Sortant du véhicule, il s'empare d'un couteau et frappe la victime au thorax. « J'y plante le premier coup, je me suis effondré sur lui… J'ai mis un deuxième coup. » La victime est touchée au cou à deux reprises. Le légiste estime que la survie après la première blessure pouvait durer dix minutes.
La sinistre dissimulation
« Frédéric ne s'est pas déplacé », assure Barral, qui reste un long moment près du cadavre. « J'étais en état de sidération. Quand il ne bouge plus, je décide de le dissimuler. » Il tente de charger le corps à l'avant du pick-up, mais la veste et le pantalon s'enlèvent. « Je ne me souviens pas qu'il en avait », répond-il aux questions sur les vêtements manquants. Il prend alors une laisse à chien : « Je l'ai attaché par le cou, puis à l'attelage. J'ai démarré, j'ai traîné le corps sur une cinquantaine de mètres. Le corps s'est détaché, j'ai fait marche arrière, je l'ai rattaché. »
Des zones d'ombre persistantes
Le président s'étonne : « Vous mettez le corps à 20 mètres du chemin pour le cacher, ce n'est pas le maquis corse ! » Restent des questions : pourquoi la victime était-elle nue ? Qu'est-ce qui a déclenché la bagarre ? Pourquoi l'accusé a-t-il d'abord parlé d'avances sexuelles de la victime, avant de changer de version ? Le verdict est attendu ce mercredi.



