Lorène Russel, fondatrice de l'association « L'enfant bleu », appelle à la mobilisation ce lundi 15 juin et tous les lundis suivants à 19 heures devant le palais de justice de Béziers. Elle entend maintenir la pression populaire pour obtenir des avancées dans la protection des enfants, alors que les plaintes pour violences sont souvent classées sans suite.
Un combat de longue date
Maltraitée durant son enfance, Lorène Russel a fait de la protection de l'enfance le combat de sa vie. Installée à Béziers depuis 2021, elle a pris la tête du rassemblement organisé le 8 juin devant le tribunal judiciaire en mémoire de Lyhanna, une fillette décédée dans des circonstances tragiques. Plus de 250 personnes étaient présentes.
« Je milite depuis 37 ans pour la protection et les droits des enfants », déclare-t-elle. Au sein de diverses associations, elle a accompagné de nombreuses victimes et constaté les dysfonctionnements du système. « Je vais avoir 69 ans, je ne prends plus de nouveaux dossiers », dit-elle, mais des familles sont venues à elle, et elle ne les laissera pas tomber.
Urgence d'une loi intégrale
Pour Lorène Russel, l'adoption d'une loi intégrale avec un budget dédié est une urgence. « Elle devrait être présentée à partir de septembre, mais il faut cette pression populaire, il ne faut rien lâcher. » Cette loi doit prévoir des moyens pour la prévention, les soins, des peines lourdes pour les criminels et une réparation pour les victimes, même au civil.
Elle déplore l'attitude de Gérald Darmanin, ministre de la Justice, qui selon elle « se défausse sur la justice ». « La justice et la police sont exsangues, il y a un manque de moyens. Darmanin est responsable de ce dysfonctionnement judiciaire et jette en pâture les magistrats à la population. »
Mobilisation citoyenne
Lorène Russel appelle les citoyens à se déplacer chaque lundi : « Les papas, les mamans, les frères, les sœurs, il faut que les gens se déplacent, c'est la pression populaire qui permettra de faire changer les choses. » Elle insiste sur le calme et le respect lors des rassemblements, qui ne visent pas à s'opposer aux magistrats mais à comprendre les dysfonctionnements.
« Quand je suis sur un dossier, ça prend du temps. Il faut des moyens ! » conclut-elle, forte de son expérience.



