Lafarge et ses ex-dirigeants font appel de leur condamnation pour financement du terrorisme
Lafarge et ses ex-dirigeants font appel de leur condamnation

Le groupe cimentier Lafarge, ainsi que plusieurs de ses anciens dirigeants, ont interjeté appel de la condamnation prononcée à leur encontre pour financement du terrorisme en Syrie. Cette décision, annoncée ce mardi, prolonge un feuilleton judiciaire qui dure depuis plusieurs années et qui a profondément ébranlé le monde des affaires français.

Une condamnation historique

En mars dernier, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu Lafarge coupable de financement du terrorisme pour avoir versé des millions d'euros à des groupes jihadistes, dont l'organisation État islamique (EI), afin de maintenir l'activité de sa cimenterie dans le nord de la Syrie entre 2011 et 2015. Le groupe avait été condamné à une amende de 500 000 euros, une somme dérisoire au regard de ses bénéfices, mais la décision avait valeur de symbole. Plusieurs anciens cadres, dont l'ex-PDG Bruno Lafont, avaient également été condamnés à des peines de prison avec sursis et à des amendes.

Les motifs de l'appel

Dans un communiqué, Lafarge a justifié son appel en estimant que le jugement « repose sur une analyse erronée des faits et du droit ». Le groupe conteste notamment la qualification de financement du terrorisme, arguant que les paiements effectués l'étaient sous la contrainte et dans un contexte de guerre civile. Les avocats des anciens dirigeants ont également déposé un recours, dénonçant une « instrumentalisation politique » de la procédure.

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Un feuilleton judiciaire loin d'être terminé

L'appel ouvre la voie à un nouveau procès devant la cour d'appel de Paris, qui pourrait se tenir dans les prochains mois. Cette affaire, l'une des plus emblématiques en matière de responsabilité des entreprises dans les zones de conflit, continue de susciter de vives réactions. Les parties civiles, notamment des organisations de défense des droits de l'homme, ont exprimé leur déception, estimant que l'appel retarde la reconnaissance des souffrances des victimes.

Le dossier Lafarge est suivi de près par les milieux économiques et juridiques, car il pose la question délicate de la responsabilité des entreprises opérant dans des zones à risque. La décision de la cour d'appel, quelle qu'elle soit, aura des répercussions importantes sur la jurisprudence française en matière de financement du terrorisme.

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