Kobili Traoré, l'auteur du meurtre de Sarah Halimi, écroué pour un nouveau délit
Une nouvelle affaire judiciaire implique Kobili Traoré, l'homme reconnu pénalement irresponsable du meurtre de Sarah Halimi en 2017. Ce dernier a été officiellement mis en examen et placé en détention provisoire après avoir comparu, vendredi, devant un juge d'instruction parisien. Ces informations ont été confirmées samedi par le parquet de Paris, marquant un nouveau chapitre judiciaire pour cet individu.
Le meurtre antisémite de Sarah Halimi : un dossier toujours sensible
Il y a près de neuf ans, dans un immeuble parisien, Kobili Traoré, alors décrit comme un gros consommateur de cannabis, avait violemment agressé sa voisine, Sarah Halimi, âgée de 65 ans. Après l'avoir rouée de coups en criant « Allah Akbar », il l'avait jetée par-dessus son balcon, provoquant sa mort. En avril 2021, la Cour de cassation a confirmé l'absence de procès dans cette affaire retentissante, tout en entérinant la nature antisémite du crime. Les experts psychiatriques avaient conclu que le meurtrier avait été pris d'une « bouffée délirante » au moment des faits, justifiant ainsi son irresponsabilité pénale.
Un homejacking présumé lié à un litige financier
Cette fois, Kobili Traoré est soupçonné d'avoir participé, le 27 janvier dernier, à un homejacking avec deux autres complices présumés. Selon le parquet, les trois hommes se seraient attaqués à une personne chez qui ils « se fournissaient en stupéfiants ». L'un des suspects aurait eu un « litige financier » avec cette victime, ce qui aurait motivé l'agression.
La victime a raconté aux enquêteurs qu'elle « attendait la visite d'un homme » lorsque, derrière ce « visiteur », « deux autres individus avaient pénétré dans son appartement ». Leurs visages étaient dissimulés. Ils l'ont aspergée de gaz lacrymogène, l'ont violentée, puis ont fouillé minutieusement le logement. Des bijoux, des sacs de valeur, un téléphone et la clé d'un box ont été dérobés lors de ce cambriolage violent. Pour finir, « les agresseurs présumés ont attaché la victime sur une chaise avant de quitter les lieux », a précisé le ministère public.
Des antécédents psychiatriques au cœur des débats
Les trois suspects sont « connus pour faire l'objet de soins psychiatriques », a souligné le parquet. Concernant Kobili Traoré, son parcours médical est particulièrement suivi depuis le drame Sarah Halimi. Il a bénéficié de soins en Unité pour malades difficiles (UMD) jusqu'en 2020, puis a été hospitalisé jusqu'en 2023. Il est retourné en UMD pendant un an, avant de réintégrer un hôpital en septembre 2024.
Pour ce homejacking présumé, Kobili Traoré a été interpellé mercredi. Lors de sa garde à vue, « un psychiatre a attesté qu'il ne présentait pas de symptomatologie aiguë (ni syndrome délirant ni désorganisation) », a indiqué le parquet. Cette évaluation contraste avec les conclusions psychiatriques ayant conduit à son irresponsabilité dans l'affaire Halimi.
Les réactions des avocats : un dossier qui pourrait rouvrir l'autre
L'avocat de la famille de Sarah Halimi, Me Olivier Pardo, a réagi vivement à cette nouvelle affaire vendredi. Il y voit un « élément complémentaire » en faveur d'une « réouverture » du dossier du meurtre de la sexagénaire. Pour Me Pardo, ces nouveaux faits pourraient remettre en question l'évaluation de la responsabilité pénale de Kobili Traoré.
En réponse, l'avocat de Kobili Traoré, Me Thomas Bidnic, a fermement rétorqué que ce nouveau dossier « n'a rien à voir avec celui de Sarah Halimi ». Il défend ainsi la séparation des deux affaires, arguant que les circonstances et les contextes sont distincts.
Cette nouvelle mise en examen relance donc non seulement une procédure pénale pour homejacking, mais aussi un débat juridique et médiatique sensible autour de la responsabilité et du suivi des auteurs de crimes graves, dans un contexte où la mémoire de Sarah Halimi reste très vive.



