Une fausse injectrice lyonnaise dévoile son business lucratif et dangereux
Dans une interview exclusive, une jeune femme de 21 ans, basée à Lyon, révèle avoir gagné plus de 200 000 euros en seulement sept mois en pratiquant illégalement des injections d'acide hyaluronique depuis son domicile. Cette activité, qu'elle qualifie d'argent facile, se déroule entièrement au noir, malgré les risques sanitaires majeurs et les récentes tragédies, comme le décès d'une femme à Villeurbanne en mars 2026 après une injection illicite.
Une formation expresse et des pratiques à haut risque
Inès, qui a souhaité garder l'anonymat, a suivi une formation de seulement sept jours, facturée 2 000 euros, auprès de son esthéticienne. Sans aucune connaissance en anatomie, elle a aménagé une chambre de son appartement en cabinet improvisé et s'approvisionne en seringues d'acide hyaluronique sud-coréen à environ 30 euros l'unité. Elle reconnaît être totalement incapable de gérer des complications médicales, se limitant à appeler le SAMU en cas d'urgence.
Les clients sont attirés par des tarifs défiant toute concurrence : 150 euros le millilitre pour les lèvres, contre 400 euros chez un praticien agréé, et 150 euros pour une rhinoplastie, contre 450 euros. Elle prospecte via Instagram, en utilisant des photos avant/après téléchargées sur internet, et bénéficie du bouche-à-oreille.
Des conséquences judiciaires et sanitaires alarmantes
L'exercice illégal de la médecine expose Inès à des peines sévères : jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende, pouvant monter à 5 ans et 75 000 euros en raison de son recours aux réseaux sociaux pour démarcher. Un redressement fiscal sur ses revenus non déclarés est également à craindre. Je suis sur mes gardes. J'ai peur de la police, de la prison, confie-t-elle, évoquant la tension accrue après l'incident de Villeurbanne.
Pour les clients, les risques sont encore plus graves : défiguration faciale, problèmes de santé irréversibles, voire décès. Inès affirme que ses clients sont conscients des dangers, mais elle envisage d'arrêter une fois un capital constitué, visant un riad à Marrakech et une rente. Au rythme de mes gains actuels, je pense que je n'en serai pas loin en fin d'année, déclare-t-elle, minimisant les périls encourus.
Cette affaire illustre les dérives croissantes de la chirurgie esthétique illégale en France, soulignant l'urgence de renforcer les contrôles et la sensibilisation aux risques mortels associés à ces pratiques clandestines.



