Les eurodéputés ont adopté mardi une résolution appelant la Commission européenne à proposer "dans les plus brefs délais" une définition harmonisée du viol au sein de l'Union européenne, fondée explicitement sur la notion de consentement libre, éclairé et révocable. Ce vote, soutenu par une large majorité, a été salué par des applaudissements dans l'hémicycle à Strasbourg.
Un pas après l'échec de 2022
L'UE avait adopté il y a deux ans son premier texte contre les violences faites aux femmes, criminalisant les mutilations génitales, le mariage forcé, le partage non consenti d'images intimes et le cyberharcèlement. Cependant, faute de consensus sur la définition juridique du viol, ce volet avait été exclu après de longues négociations.
L'affaire Gisèle Pelicot comme catalyseur
La résolution fait directement référence à Gisèle Pelicot, devenue une icône mondiale de la lutte contre les violences sexuelles après avoir été victime de viols orchestrés par son ex-mari. Les eurodéputés estiment que cette affaire, où la question du consentement était centrale, "met en évidence l'insuffisance des définitions du viol fondées sur la contrainte".
L'eurodéputée écologiste Mélissa Camara a qualifié le vote de "signal politique fort envoyé aux victimes et à la Commission européenne". La Commission a "salué" l'initiative sans s'engager sur un calendrier précis. La France a intégré la notion de consentement dans sa définition du viol en novembre 2025, après le procès retentissant de Gisèle Pelicot.



