Garde à vue de Rima Hassan : plainte pour fuites et polémique au ministère de la Justice
Garde à vue Rima Hassan : plainte et polémique au ministère

Garde à vue de Rima Hassan : plainte pour fuites et polémique au ministère de la Justice

L'eurodéputée de La France insoumise Rima Hassan a déposé plainte à Paris pour violation du secret professionnel après que des informations détaillées sur sa garde à vue du 2 avril 2026 ont fuité dans les médias. Son avocat, Me Vincent Brengarth, a également saisi les ministères de l'Intérieur et de la Justice pour demander l'ouverture d'enquêtes administratives concernant ces divulgations.

Le porte-parole du ministère de la Justice dans la tourmente

Le Canard Enchaîné affirme que le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, aurait échangé avec plusieurs journalistes pendant l'audition de Rima Hassan et discuté du contenu de sa garde à vue. Le magistrat dément fermement ces allégations mensongères et a déposé plainte pour diffamation. Il a également porté plainte pour les injures antisémites qu'il reçoit sur les réseaux sociaux depuis la publication de l'article.

Sur le réseau social X, Sacha Straub-Kahn a expliqué : Mon rôle est de porter la voix du ministère de la Justice et faire preuve de pédagogie pour faire comprendre notre action aux journalistes qui le souhaitent. Ces échanges sont réguliers, concernent des sujets très variés et n'abordent jamais le fond des dossiers.

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Le ministre de la Justice diligente une enquête

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a saisi l'Inspection générale de la Justice sur ces fuites présumées, en réponse à une question du député LFI Thomas Portes qui demandait le départ du porte-parole. Darmanin a accusé le député de vouloir mettre particulièrement en danger un magistrat et a lu des messages antisémites ciblant Sacha Straub-Kahn sur les réseaux sociaux.

Le ministre a lancé un appel aux Insoumis : Condamnez l'antisionisme et l'antisémitisme qui est dans vos rangs.

Enquête judiciaire ouverte pour violation du secret de l'enquête

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violation du secret de l'enquête, un délit puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Cette décision fait suite à la temporalité et le degré de précisions des informations qui ont été publiées dans les médias au cours même de la garde à vue et avant toute communication légale.

Rappelons que Rima Hassan avait été placée en garde à vue le 2 avril 2026 et qu'à l'issue de cette mesure, le parquet a indiqué qu'elle serait jugée pour apologie du terrorisme concernant l'un de ses posts sur X.

Polémique autour de la découverte de drogue de synthèse

La presse avait évoqué, de source proche du dossier, la découverte de quelques grammes d'une drogue de synthèse dans le sac de l'élue de 33 ans. Cependant, cette information n'a pas été corroborée par le parquet à l'issue de la garde à vue. Le ministère public a indiqué qu'il fallait attendre les résultats d'analyses complémentaires du produit pour se prononcer.

Le parquet a précisé par la suite que la fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC [une drogue de synthèse], sur lesquelles elle a été interrogée et que ces éléments sont disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte.

Rima Hassan a indiqué spontanément avoir acheté légalement du CBD dans un magasin qu'elle a désigné et ignorer qu'un produit d'une autre nature pouvait lui avoir été fourni à cette occasion, a souligné le parquet. Son avocat a ajouté que d'après les premières analyses effectuées par les services de police, la résine contiendrait des traces d'une drogue de synthèse. Toutefois, les analyses urinaires n'ont pas révélé la présence d'une telle drogue dans l'organisme de Madame Rima Hassan.

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Le CBD a été acheté dans un magasin de Bruxelles, achat dont Rima Hassan a pu produire le justificatif. Elle conteste fermement avoir acheté une quelconque drogue de synthèse. Sa seule intention était d'acheter légalement des produits dérivés de CBD, cette substance étant autorisée à la vente et à la consommation, a insisté Me Brengarth.

Le lendemain de sa garde à vue, Rima Hassan a de nouveau été entendue, en audition libre, par la police dans le cadre de deux autres enquêtes. Elle a dénoncé un véritable harcèlement judiciaire et politique en raison et exclusivement en raison de ses opinions politiques.