Un excès de vitesse qui coûte cher : 1,8 million d'euros de préjudice révélé
Ce qui devait être un simple contrôle de vitesse s'est transformé en une enquête judiciaire d'envergure. Le parquet de Draguignan a annoncé, mercredi, la mise au jour d'un réseau de fraude sociale et de blanchiment d'argent, suite à l'interception d'une Ferrari roulant à une vitesse excessive. Le préjudice cumulé pour les organismes publics est estimé à près de 1,8 million d'euros.
L'origine de l'affaire : une Ferrari flashée à 247 km/h
Tout a commencé le 14 juin 2025, lorsque des gendarmes d'Orange ont intercepté une Ferrari Portofino filant à 247 km/h sur l'autoroute. Le véhicule, d'une valeur de 210 000 euros, a immédiatement été saisi. Initialement, le conducteur a affirmé que la voiture appartenait à sa mère, mais les investigations ont rapidement contredit cette version.
En réalité, la Ferrari était la propriété d'une société civile immobilière, gérée par le conducteur et associant sa mère, son frère et sa sœur, tous résidant dans le Var. Cette découverte a alerté les autorités et déclenché une enquête approfondie.
Un montage financier sophistiqué démasqué
Sous la direction du parquet de Draguignan, la gendarmerie a mené une enquête qui a révélé un montage financier complexe. Selon le communiqué du parquet, des flux financiers considérables étaient liés à une activité commerciale de couverture non déclarée, bien que les modalités exactes de la fraude n'aient pas été détaillées.
Les quatre protagonistes menaient un train de vie luxueux, entre shopping haut de gamme et voyages dans des destinations prestigieuses. Ce mode de vie contrastait fortement avec les situations de précarité qu'ils déclaraient aux services fiscaux et à la Caisse d'Allocations Familiales (CAF), permettant ainsi de percevoir indûment des aides sociales.
Interpellations et saisies spectaculaires
Lundi, une opération d'envergure mobilisant une cinquantaine de gendarmes a conduit à l'interpellation des quatre suspects à Roquebrune-sur-Argens dans le Var et à Montfermeil en Seine-Saint-Denis. Ils doivent comparaître le 27 octobre devant le tribunal correctionnel de Draguignan, où ils seront jugés pour des chefs d'accusation graves, notamment :
- Travail dissimulé
- Blanchiment aggravé
- Abus de biens sociaux
- Escroqueries à la CAF
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont procédé à des saisies impressionnantes, comprenant :
- Trois véhicules
- Des produits de luxe estimés à 170 000 euros
- Des biens immobiliers évalués à plus de 600 000 euros
- Plus de 80 000 euros en espèces ou sur des comptes bancaires
Cette affaire souligne l'efficacité des contrôles routiers dans la lutte contre la fraude à grande échelle, démontrant que même un excès de vitesse peut mener à la démantèlation de réseaux criminels sophistiqués.