Charente-Maritime : une ex-gestionnaire de l'Udaf condamnée pour détournement de fonds
Ex-gestionnaire Udaf condamnée pour détournement de fonds

Une ancienne gestionnaire de l'Udaf condamnée pour détournement de plus de 100 000 euros

Ce jeudi 12 février, le tribunal correctionnel de La Rochelle a rendu son jugement dans l'affaire de détournement de fonds impliquant une ancienne employée de l'Union départementale des associations familiales (Udaf) de la Charente-Maritime. La quinquagénaire, qui occupait le poste de gestionnaire des comptes, a été reconnue coupable d'avoir détourné plus de 100 000 euros au préjudice de majeurs protégés, pour la plupart placés en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Une peine sévère avec des interdictions professionnelles

La prévenue a été condamnée à deux ans de prison totalement assortis d'un sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation de travail. Le tribunal a prononcé des mesures particulièrement restrictives concernant son activité professionnelle future :

  • Interdiction définitive d'exercer le métier de mandataire judiciaire de protection des majeurs
  • Interdiction de travailler dans le secteur social pendant trois ans
  • 23 000 euros retrouvés sur son compte ont été saisis
  • Condamnation à 3 300 euros de dommages et intérêts pour une victime

L'action civile sera déterminée ultérieurement, le 4 juin. La prévenue a néanmoins été relaxée sur le cas d'un seul plaignant parmi les nombreuses victimes.

Un système d'escroquerie méthodique

Ancienne cadre bancaire, la gestionnaire avait été embauchée par l'Udaf en janvier 2022. Les investigations ont révélé que les escroqueries avaient commencé dès le même mois. Elle utilisait systématiquement les cartes bancaires d'une douzaine de personnes placées sous tutelle, effectuant parfois des retraits d'argent directement aux distributeurs.

Le système frauduleux a été découvert en juillet 2025 lors d'un contrôle des commissaires de gestion, qui a mis au jour l'ampleur de l'arnaque. L'Udaf a immédiatement déposé plainte en août 2025 et a licencié l'employée dans la foulée.

Des dépenses futiles avec l'argent détourné

L'enquête a établi que les fonds détournés, qui s'élevaient à plus de 100 000 euros, servaient à financer un train de vie particulièrement dispendieux. La prévenue utilisait cet argent pour :

  1. Un voyage à Dublin avec sa fille
  2. Des séances régulières de manucure
  3. Des rendez-vous fréquents chez le coiffeur
  4. L'achat de bouteilles de champagne

Les enquêteurs ont souligné que la prévenue ne se trouvait pas dans une situation de besoin financier, ce qui a aggravé la perception de ses actes par le tribunal. Cette affaire met en lumière les vulnérabilités potentielles des systèmes de protection des majeurs et soulève des questions importantes sur les contrôles internes dans les organismes chargés de la gestion des biens des personnes les plus fragiles.