Un trafic de cannabis par drone à la maison d’arrêt de Nîmes
Ce vendredi, le tribunal correctionnel de Nîmes a jugé un homme impliqué dans un trafic de stupéfiants au sein de la maison d’arrêt. L’affaire a débuté en juin 2024 lorsque les policiers nîmois ont suspecté un ancien détenu originaire d’Alès de détenir du cannabis dans sa cellule. Les investigations ont révélé un mode opératoire sophistiqué : la drogue était livrée par drone, guidé par téléphone depuis une cellule de la prison.
Découverte de 500 grammes de cannabis et de couteaux en céramique
Lors d’une fouille, les surveillants ont découvert près de 500 grammes de résine de cannabis, deux couteaux en céramique et deux téléphones portables. L’un des téléphones servait à guider le pilote du drone, parfois situé à plusieurs centaines de mètres, voire à quelques kilomètres de la prison. Selon le président du tribunal, « le drone se stationnait au-dessus de la cellule ». La drogue était payée via des coupons PCS et les bénéfices du petit trafic en détention étaient partagés à 50/50.
Le prévenu avoue après avoir nié
Après avoir nié son implication, le prévenu a finalement avoué sa responsabilité. Il a lu une lettre préparée pour tenter de faire amende honorable, expliquant qu’il était en proie à une addiction et à des difficultés morales liées à la détention. Le procureur adjoint Frédéric Kocher a exprimé une « colère froide » face à ce trafic en maison d’arrêt, dénonçant la « gangrène du trafic de drogue » et les règlements de comptes qui l’accompagnent.
Le procureur requiert trois ans de prison
Le procureur a requis trois ans de prison dont deux assortis d’un sursis probatoire, soit un an ferme sous bracelet électronique, avec obligation de soins et une amende de 2 000 euros. Il a estimé que cette peine permettrait au prévenu de « racheter sa lâcheté ». Me Estelle Marquès, avocate du prévenu, a déploré l’absence de moyens réels pour la réinsertion en détention, ajoutant que son client a désormais un emploi régulier et n’est plus en lien avec les stupéfiants. « Le remettre en détention, c’est le remettre dans la gueule du loup », a-t-elle plaidé, demandant une révision à la baisse de l’amende.
Condamnation à trois ans de prison avec sursis probatoire
Après délibéré, le tribunal a condamné le prévenu à trois ans de prison dont deux assortis d’un sursis probatoire, avec obligation de soins, de travailler et de payer l’amende. La partie ferme d’un an sera exécutée sous bracelet électronique. Une amende de 1 500 euros a également été prononcée.



