Dossiers Epstein : la menace de nouvelles révélations plane
De nouveaux noms pourraient-ils être dévoilés dans l'affaire Epstein ? Alors que la dernière publication de trois millions de documents a déjà éclaboussé plusieurs personnalités étrangères et françaises, les interrogations persistent sur d'éventuelles dissimulations concernant les liens supposés de diverses figures avec le financier pédocriminel. Dans ce contexte tendu, des élus américains brandissent désormais la menace de révélations fracassantes.
Des élus unis contre l'opacité du ministère de la Justice
En début de semaine, le démocrate californien Ro Khanna et le républicain du Kentucky Thomas Massie, tous deux membres de la Chambre des représentants, ont exprimé leur vive inquiétude. Les deux hommes contestent fermement la décision du ministère de la Justice d'occulter les noms de six individus lors de la publication des derniers documents Epstein.
Grâce à un privilège parlementaire, ils ont pu consulter les dossiers non expurgés ce lundi 9 février. Ils ont ensuite menacé de dévoiler ces noms « en séance plénière ou lors d'une audition en commission », estimant qu'ils ont été « caviardés sans aucune explication ». « C'est très inquiétant », ont-ils martelé auprès de la presse, insistant : « Ce que nous recherchons, ce sont les hommes au bénéfice desquels Jeffrey Epstein a fait du trafic de femmes. »
Selon les informations rapportées par Politico, les élus ont assuré qu'ils donneraient aux responsables du ministère de la Justice l'occasion de « corriger leurs erreurs » avant de procéder à la divulgation. Les six noms concernés comprennent au moins un citoyen américain.
Des caviardages jugés mystérieux et incohérents
Ro Khanna et Thomas Massie ne sont pas les seuls à réclamer une plus grande transparence. Jamie Raskin, haut responsable démocrate du Maryland et membre éminent de la commission judiciaire de la Chambre, a également consulté les documents non expurgés. Il a accusé le ministère de la Justice d'avoir procédé à des « caviardages mystérieux » dans les dossiers relatifs au délinquant sexuel.
Comme ses confrères, il estime que le gouvernement cherche à protéger les noms des agresseurs potentiels, tout en exposant injustement les victimes. « Je me suis rendu sur place et j'ai pu constater qu'il y avait des tonnes de suppressions totalement inutiles, en plus du fait que les noms des victimes n'avaient pas été supprimés, et cela nous a beaucoup inquiétés », a-t-il déclaré.
Il a poursuivi en dénonçant une violation des principes de protection : « Ils ont violé ce principe en divulguant les noms de nombreuses victimes, ce qui relève soit d'une incompétence et d'une négligence spectaculaires de leur part, soit comme le pensent de nombreux survivants d'une menace délibérée à l'encontre d'autres survivants qui envisagent de témoigner. »
À l'inverse, a déploré le démocrate, « les documents Epstein publiés comportent de nombreuses omissions de noms et d'informations concernant des personnes qui ne sont manifestement pas des victimes et qui pourraient appartenir à cette autre catégorie […] J'ai vu les noms de nombreuses personnes, expurgés pour des raisons mystérieuses, déconcertantes ou inexplicables. »
Les Wexner cité, Ghislaine Maxwell silencieuse
Parmi les noms évoqués, Jamie Raskin a cité Les Wexner, fondateur de Victoria's Secret, connu pour ses liens passés avec Epstein, et dont le nom aurait été supprimé des dossiers. L'homme d'affaires doit comparaître prochainement devant la commission de surveillance et de réforme du gouvernement de la Chambre des représentants.
De son côté, Ghislaine Maxwell, l'ex-compagne et complice du criminel, a fait savoir par l'intermédiaire de son avocat qu'elle était « prête à parler complètement et honnêtement si elle obtient une grâce du président Donald Trump ». Lundi, elle a toutefois refusé de répondre aux questions de la commission de surveillance de la Chambre des représentants américaine, maintenant un silence stratégique dans cette affaire aux ramifications complexes.
Cette situation illustre les tensions persistantes autour de la transparence des dossiers Epstein, alors que les demandes de vérité et de justice continuent de se heurter à des pratiques opaques et controversées au sein des institutions américaines.