Dossier Epstein : des élus américains dénoncent la dissimulation de six noms
Dossier Epstein : élus dénoncent la dissimulation de noms

Dossier Epstein : des élus américains dénoncent la dissimulation de six noms

Plus de trois millions de pages du dossier épais concernant l'affaire Jeffrey Epstein ont été partiellement caviardées, suscitant une vive controverse aux États-Unis. Plusieurs élus américains, dont les deux coauteurs de la loi de transparence sur cette affaire, ont publiquement dénoncé la dissimulation des noms de six hommes occultés sans aucune explication par le ministère américain de la Justice.

Une opacité critiquée par les parlementaires

Parmi les parlementaires ayant signalé avec force cette suppression troublante des identités, se trouvent précisément les deux coauteurs de la loi de transparence sur l'affaire Epstein. Il s'agit du républicain Thomas Massie et du démocrate Ro Khanna, tous deux élus à la Chambre des représentants. Thomas Massie a déclaré aux journalistes, hier à la sortie du ministère de la Justice : « Ce qui m'a posé problème est que les noms d'au moins six hommes ont été caviardés alors qu'ils sont probablement impliqués du fait de leur inclusion dans ces documents. »

De son côté, Ro Khanna a précisé et renchéri : « Il y a six hommes, certains avec leur photo, dont les noms ont été caviardés, sans explication de pourquoi ils l'ont été. » Cette absence totale de justification officielle alimente les suspicions et les interrogations sur les motivations réelles derrière ces caviardages.

Des identités gardées secrètes mais évoquées

Les deux parlementaires, qui ont eu le privilège et l'accès de consulter les documents non caviardés dans leur intégralité, se sont toutefois refusés à révéler publiquement l'identité précise de ces six hommes. Cependant, ils ont tout de même livré des indices significatifs et troublants. Thomas Massie a indiqué que l'un d'eux était « assez haut placé dans un gouvernement étranger », tandis que Ro Khanna a évoqué « une personnalité assez éminente » parmi les cinq autres individus concernés.

Cette révélation partielle soulève immédiatement des questions sur le respect strict de la loi de transparence. En effet, la loi autorise des caviardages uniquement dans de strictes conditions, essentiellement pour préserver l'intimité légitime des victimes. En revanche, elle interdit expressément et catégoriquement toute rétention de documents au motif du tort que leur publication pourrait causer à qui que ce soit, que ce soit un « responsable gouvernemental, une personnalité publique ou un dignitaire étranger », ou encore en raison de leur « caractère politiquement sensible ».

Aucune poursuite supplémentaire possible

Parallèlement, il est crucial de noter que la masse considérable de nouveaux documents divulgués ne contient apparemment pas d'élément probant pouvant aboutir à des poursuites judiciaires supplémentaires. Le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, avait prévenu d'emblée le 30 janvier dernier cette réalité juridique. Mais bien que la simple mention du nom d'une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités publiques et figures influentes redoutent profondément les répercussions médiatiques et sociales des révélations sur leurs liens passés, même ténus, avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Face à cette situation complexe, Thomas Massie a adopté une posture mesurée mais ferme : « Nous devons donner au ministère de la Justice une chance de revoir sa copie et de corriger ses erreurs. » Cette déclaration souligne l'attente d'une clarification urgente et d'une rectification des caviardages jugés injustifiés, afin de restaurer la confiance dans le processus de transparence.