Trois détenus de la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier, ont été jugés vendredi 4 juillet pour des violences aggravées sur un quatrième prisonnier, survenues le 2 juin dernier. Au-delà des faits eux-mêmes, le contexte explosif qui règne dans l’établissement a été largement évoqué lors de l’audience au tribunal correctionnel de Montpellier.
Un contexte carcéral tendu
Surpopulation, chaleur accablante, personnel épuisé : la situation au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone est plus que jamais sous tension. C’est dans ce cadre que s’est déroulée la rixe entre détenus, qui a conduit à la comparution de trois prévenus pour des violences aggravées commises avec une arme par destination, en l’occurrence une fourchette. Un autre prévenu a affirmé avoir jeté une assiette pour faire cesser l’altercation.
Les conditions de détention au centre des plaidoiries
« Il y aura toujours débat sur qui a porté le premier coup », a déclaré l’un des avocats de la défense dans sa plaidoirie. Mais avant tout, ce sont les conditions de détention qui ont été au cœur des débats. « Elles ne justifient pas les faits mais les expliquent largement », a poursuivi une autre avocate. « Déjà dans la société civile, ils n’ont pas réussi à se contenir, à maîtriser leurs émotions. On leur demande de le faire dans ces conditions. »
Prenant la parole au bénéfice de son client, une consœur s’est inquiétée de « la forme de résignation » à cette situation. « On demande aux détenus et aux surveillants de faire avec. On en parle, mais on a l’impression que c’est le dernier des soucis. Les premières victimes des violences en détention, ce sont les prévenus. Des détenus qui purgent de lourdes peines pour violences, on les met à quatre dans une cellule. »
Les peines prononcées
À l’issue de son délibéré, le tribunal présidé par Ilana Lachkar a prononcé des peines « adaptées au rôle de chacun » dans cette bagarre. Les prévenus écopent respectivement de dix-huit, dix et huit mois de prison avec mandat de dépôt, qui s’ajoutent aux peines qu’ils purgent actuellement. Ils devront, de surcroît, payer solidairement 4 000 euros à la victime au titre du préjudice moral.



