Patrick Balkany jugé à Nanterre pour détournement de fonds publics dans une affaire d'association
Balkany jugé à Nanterre pour détournement de fonds publics

Patrick Balkany face à la justice pour une affaire de subventions opaques

Alors que Nicolas Sarkozy est entendu en appel dans le dossier libyen ce mardi, son ancien collègue et vieil ami Patrick Balkany comparaît lui aussi devant la justice. L'ancien maire de Levallois-Perret est jugé pendant quatre jours par le tribunal judiciaire de Nanterre pour des détournements de fonds publics présumés.

Une association « transparente » au cœur des accusations

Le premier dossier examiné ce mardi concerne l'association CODEEIL, qui aurait servi à rémunérer un ancien employé municipal après son départ. Les subventions publiques accordées par la mairie sont passées de 65 000 à 150 000 euros entre 2012 et 2014, des montants qui « correspondent peu ou prou à la rémunération de l'intéressé » selon la présidente du tribunal Céline Ballerini.

Pourtant, cette association n'est jamais apparue dans l'annuaire municipal, contrairement aux autres structures soutenues par la ville. Patrick Balkany reconnaît au tribunal que CODEEIL « travaillait exclusivement pour la ville », tout en affirmant : « Je ne fais pas partie de l'association, je ne sais pas à quoi je sers ici. »

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Un témoin clé disparu et des délais contestés

Le personnage central de cette affaire, Renaud Guillot-Corail, ancien directeur du développement économique de Levallois-Perret et proche collaborateur du maire, est décédé en 2020. Employé unique de l'association CODEEIL, il n'a jamais pu être entendu par les enquêteurs, pourtant saisis dès 2017 après une alerte de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France.

L'avocat de Patrick Balkany s'appuie sur ce délai et « l'inaction des officiers de PJ » pour demander l'annulation de l'enquête, qu'il qualifie de « mascarade judiciaire ». Son client renchérit : « Je trouve ça invraisemblable, incroyable, je demande que cette parodie de justice soit interrompue. On ne peut rien prouver. »

Un prévenu théâtral et provocateur

Le rappel des faits par la présidente est régulièrement interrompu par des interventions tonitruantes et des gesticulations intempestives de l'ancien maire, déjà condamné pour blanchiment et fraude fiscale. « Il faudrait que vous m'écoutiez monsieur Balkany ! », doit rappeler à l'ordre la magistrate.

Agitant ses grands bras et enchaînant phrases chocs, Patrick Balkany déclare : « À mon âge je ne suis pas loin de mourir non plus, si vous aviez attendu encore un peu vous vous seriez épargné un procès. » Il rejette la responsabilité sur les associations subventionnées : « Si les chiottes sont bouchées, vous n'appelez pas le maire ! »

La définition du détournement en débat

L'ancien élu assure n'avoir jamais bénéficié d'un restaurant ni d'un café de la part de l'association : « Quand on me parle de détournement de fonds publics, je suis un peu égosillé. » Mais la présidente du tribunal précise : « Le détournement, ce n'est pas seulement prendre de l'argent public pour se le mettre dans la poche. »

Le procès promet d'être animé jusqu'à son terme vendredi 10 avril. La magistrate prévient d'ailleurs le prévenu de 77 ans : « Ne vous échauffez pas, il va falloir tenir sur trois jours. » Quatre en réalité, pour une affaire qui mêle subventions municipales, associations opaques et stratégie de défense agressive.

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