Les avocats de Mont-de-Marsan s'engagent dans la mobilisation nationale contre la réforme judiciaire
La contestation du projet de loi Sure, porté par le gouvernement, prend de l'ampleur au sein de la profession d'avocat. Ce texte législatif, qui prévoit notamment d'instaurer une procédure de plaider coupable en matière criminelle, suscite une opposition ferme et organisée. En réponse à l'appel lancé par le Conseil national des barreaux, la Conférence des bâtonniers et le barreau de Paris pour une journée d'action nationale le lundi 13 avril 2026, le barreau de Mont-de-Marsan a annoncé son ralliement total à ce mouvement de protestation.
Une assemblée générale décisive pour la mobilisation locale
Réunis en assemblée générale ce jeudi 9 avril 2026, les avocats du barreau de Mont-de-Marsan, sous l'impulsion de leur bâtonnier, Me Brieuc Del Alamo, ont pris une décision radicale. Dans un communiqué officiel, il a été confirmé que les membres de l'ordre n'assureront aucune audience, aucune permanence et aucune garde à vue durant toute la journée du lundi 13 avril. Cette mesure exceptionnelle vise à marquer un coup d'arrêt symbolique face aux dispositions controversées du projet de loi Sure, perçues comme une menace pour les droits de la défense et les principes fondamentaux de la justice pénale.
Une coordination nationale qui s'étend aux territoires
La mobilisation ne se limite pas à la capitale ou aux grandes métropoles. Elle gagne progressivement les barreaux de province, illustrant une unité d'action remarquable au sein de la profession. Ainsi, le barreau de Dax avait déjà initié un mouvement de grève dès le 3 avril dernier, un préavis étendu jusqu'au 13 avril, ciblant spécifiquement toutes les audiences de reconnaissance préalable de culpabilité et de comparution immédiate. Cette convergence des luttes locales avec l'appel national souligne la profonde inquiétude des avocats face à une réforme jugée précipitée et dangereuse pour l'équilibre des procédures judiciaires.
Les avocats montois, en s'associant pleinement à cette journée d'action, entendent ainsi alerter l'opinion publique et les pouvoirs publics sur les risques encourus. Ils réclament un réexamen approfondi du projet de loi Sure, arguant que l'introduction d'un mécanisme de plaider coupable en matière criminelle pourrait fragiliser les garanties procédurales et porter atteinte au droit à un procès équitable. Cette grève, bien que limitée dans le temps, symbolise une résistance déterminée face à ce qu'ils considèrent comme une dérive sécuritaire au détriment des libertés individuelles.



