Les avocats nîmois maintiennent la pression contre la réforme de la justice criminelle
La colère persiste au sein du barreau de Nîmes. Après l'examen du projet de loi de réforme de la justice criminelle, dit loi "Sure" (Sanction utile, rapide et effective), par le Sénat le 14 avril 2026, les avocats ont décidé de reconduire leur mouvement de grève. Initialement prévue jusqu'au 17 avril, l'action est désormais prolongée jusqu'au 21 avril 2026, selon une annonce faite par le vice-bâtonnier Léonard Romain.
Une décision unanime suite à l'examen sénatorial
Le conseil de l'ordre de Nîmes s'est réuni dans la soirée du 14 avril, à l'issue de la journée "Justice morte". À l'unanimité, les membres ont voté pour la poursuite de la grève. Cette décision intervient après que le Sénat a majoritairement soutenu le projet de loi porté par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Les avocats estiment que les modifications apportées au texte, notamment l'extension du délai accordé aux victimes de 10 à 20 jours dans le cadre du "plaider coupable criminel", restent insuffisantes.
Léonard Romain, vice-bâtonnier, a qualifié ces changements de "peu caractéristiques", soulignant que la réforme ne répond pas aux préoccupations fondamentales de la profession. La grève suit les mêmes modalités que celles annoncées le 3 avril, incluant la non-désignation d'avocats pour divers procédures comme les comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) et les comparutions immédiates.
Impacts et suites du mouvement
Le mouvement de contestation entraîne des reports de dossiers et perturbe le fonctionnement habituel des tribunaux. Les avocats nîmois s'opposent farouchement à ce projet de loi, qu'ils jugent préjudiciable aux droits de la défense et à l'équité des procédures. Une assemblée générale extraordinaire devrait se tenir dans les prochains jours pour discuter de la suite du mouvement, tant au niveau local que national.
Cette grève s'inscrit dans un contexte plus large de mobilisation des avocats à travers la France contre la réforme de la justice criminelle. Les professionnels du droit craignent que cette loi, en accélérant les procédures, ne compromette la qualité de la justice et les garanties fondamentales pour les justiciables.
La bâtonnière Séverine Moulis et le vice-bâtonnier Léonard Romain continuent de porter la voix du barreau de Nîmes, appelant à une révision plus approfondie du texte avant son examen par l'Assemblée nationale. La détermination des avocats reste ferme, avec des actions qui pourraient se multiplier si leurs revendications ne sont pas entendues.



