Ce mercredi, le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné Clément D., un ancien conseiller municipal de Salernes, à 13 mois d'emprisonnement ferme pour avoir incendié un restaurant à Sainte-Maxime le 12 avril dernier. L'établissement, nommé La petite maison, a subi des dégâts estimés à plus de 60 000 euros et reste fermé pour travaux.
Un parcours politique éphémère
Clément D., 27 ans, avait été élu fin mars au conseil municipal de Salernes en tant que colistier de Lohan Ferreti, candidat du Rassemblement National. Mais sa carrière politique a pris fin brutalement après sa mise en cause dans l'incendie, deux semaines seulement après son élection. Il a depuis démissionné de son poste.
Les faits : une soirée alcoolisée et une frustration amoureuse
Le 12 avril, après une soirée bien arrosée à Saint-Tropez avec deux amis, Clément D. est tombé par hasard sur son ex-compagne, en pleine discussion avec le patron du restaurant La petite maison, qu'il connaissait de vue. Souhaitant lui parler, il a été poliment éconduit par le restaurateur. Selon ce dernier, il n'y a pas eu d'esclandre. Cependant, Clément D. a mal vécu cette contrariété.
Vers 5h17, les caméras de surveillance ont filmé l'homme donnant un coup de couteau dans la bâche protégeant la terrasse du restaurant. Cinq minutes plus tard, il mettait le feu à un chiffon imbibé d'essence. Le feu a été rapidement maîtrisé par un témoin, évitant une tragédie, car l'immeuble au-dessus abritait des familles endormies. Clément D. a ensuite pris la fuite en voiture, sans permis ni assurance, et s'est débarrassé de ses vêtements dans une benne à ordures avant de regagner Salernes.
Des explications peu convaincantes
À la barre, Clément D. a tenté d'expliquer son geste par une accumulation d'alcool et une histoire d'amour mal digérée : « J'ai eu une frustration, pas légitime du tout, d'avoir été empêché de parler à mon ex. Le restaurant, c'est un dommage collatéral. Quand on a bu, on est très bête. Dans ma tête, c'était un brouhaha de n'importe quoi. »
Cependant, l'expert psychiatre a diagnostiqué une tendance psychopathique, marquée par l'impulsivité et une intolérance à la frustration, concluant à une dangerosité avérée. La procureure Stéphanie Félix a souligné : « Avec Clément D., c'est comme il veut, quand il veut. Peu importe le respect des règles. »
La partie civile, représentée par Me Magali Montrichard, a insisté sur la gravité des faits : « Au pied d'un immeuble, en plein centre-ville, alors que des familles dormaient, cela aurait pu être dramatique si un témoin n'avait pas eu le sommeil léger ce matin-là. »
Une condamnation sévère
Outre la peine de prison ferme, le tribunal a prononcé une interdiction de séjour à Sainte-Maxime pendant trois ans et a ordonné le maintien en détention. À sa sortie, Clément D. ne pourra pas se présenter à l'examen du permis de conduire pendant six mois. Il était déjà sous sursis probatoire pour des infractions routières et venait de terminer une peine sous bracelet électronique.
La défense, assurée par Me Coline Martin, a plaidé pour une approche plus nuancée : « S'il était véritablement intolérant à la frustration, son casier judiciaire comporterait des affaires de violences, ce qui n'est pas le cas. Son souci est plus complexe. Ses addictions comblaient une faille. Il faut creuser pour savoir ce qu'il y a derrière. »
Clément D. aura désormais plusieurs mois en prison pour réfléchir à ses actes.



