Un véritable miracle s'est produit sur les pentes de l'Everest. Hillary Dawa Sherpa, un guide népalais expérimenté, a été retrouvé vivant ce jeudi 4 juin 2026, six jours après avoir été porté disparu et considéré comme mort. Il a été découvert alors qu'il rampait vers le camp de base par une équipe du Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC), une association de nettoyage de la montagne.
Un sauvetage inespéré
« Il a été retrouvé ce matin alors qu'il rampait vers le camp de base », a déclaré à l'AFP Pemba Sherpa, de la compagnie 8K Expeditions, chargée des secours. « Un hélicoptère l'a pris en charge pour le conduire dans un hôpital de Katmandou. J'ai parlé aux docteurs, il souffre de gelures mais pour le reste semble dans un état satisfaisant. »
Le guide a été admis à l'unité de soins intensifs de l'hôpital HAMS de Katmandou. « Il est conscient et suit un traitement », a indiqué le médecin Nishant Dhakal. « Nous traitons ses gelures, ses lésions dues au froid, nous veillons à son hydratation et prenons en charge ses traumatismes. Il fait actuellement l'objet d'examens complémentaires et restera dans notre unité de soins intensifs. »
La famille avait perdu tout espoir
« Nous avons été tellement contents d'apprendre la bonne nouvelle », s'est réjouie l'épouse du guide, Damu Sherpa, interrogée à son chevet par l'AFP. « Nous avions abandonné tout espoir et même commencé les cérémonies funéraires hier (mercredi). » Sa fille, Mendo Lhamu Sherpa, a confié avoir eu du mal à croire à la nouvelle : « Au début, nous n'étions pas sûrs que ce soit lui, mais ils nous ont envoyé des photos pour confirmer, et là, j'étais heureuse. »
Les circonstances de la disparition
Hillary Dawa Sherpa avait atteint le sommet de l'Everest le 29 mars en compagnie de l'alpiniste britannique Chris Thrall, au terme d'une ascension longue et difficile. « Le dernier relais vers le sommet a été long », a raconté son compagnon de cordée dans un message vidéo publié sur les réseaux sociaux alors qu'il le croyait perdu. « Le chemin vers le sommet puis retour devait nous prendre cinq jours, il en a duré onze. »
Chris Thrall a expliqué avoir perdu la trace de Hillary Dawa Sherpa le lendemain, lors de la descente du camp 4 (environ 7 950 m) vers le camp 3. « Il s'est assis pour faire une pause avec son sac sur le dos […] je me suis retourné et je lui ai demandé : “Hillary, ça va mon frère ?” Il m'a répondu “oui, oui, ça va Chris, s'il te plaît vas-y, vas-y”. » Le Britannique a ensuite croisé un grimpeur polonais en difficulté, et a dû faire un choix difficile : « Devais-je faire demi-tour pour retrouver Sherpa, dont je pouvais supposer qu'il allait se remettre et repartir, comme il l'a déjà fait des centaines de fois ? Ou aider l'autre alpiniste, sans oxygène, les doigts gelés et à l'évidence pas très loin de l'hypothermie ? »
Persuadé que son équipier avait disparu, Chris Thrall lui a rendu hommage, le décrivant comme « un doux géant et un véritable “tigre des montagnes” ». Les recherches engagées, notamment par hélicoptère, étaient restées vaines jusqu'à la découverte de jeudi matin.
Une saison record sur l'Everest
Cette expédition était l'une des dernières de la saison de printemps, qui a vu plus d'un millier d'alpinistes atteindre le sommet, un record absolu de fréquentation selon le département népalais du tourisme. Plusieurs autres records ont été battus cette année : le plus grand nombre d'ascensions en une seule journée (275, le 21 mai) et le nombre de permis délivrés aux étrangers (494). Cinq grimpeurs (deux Indiens et trois Népalais) sont déjà morts cette année sur l'Everest, contre 18 en 2023, la saison la plus meurtrière.



