Un procès sous tension au tribunal d'Alès
Lundi 16 juin, le tribunal correctionnel d'Alès, dans le Gard, a jugé un homme de 31 ans, de nationalité algérienne, pour des faits de violence avec arme blanche survenus entre le 8 et le 12 juin à Saint-Martin-de-Valgalgues et Cendras. L'affaire, qualifiée de complexe par la présidente Élodie Thebaud, mêle consommation de drogue, jalousie et menaces d'expulsion.
Les faits : une altercation qui dégénère
Le 8 juin, en fin de soirée, le prévenu aurait porté plusieurs coups de couteau à un homme qui accompagnait son ex-compagne. La veille, il avait pris les clés de l'appartement de cette dernière pour récupérer son ordinateur et des outils. Le soir des faits, elle le contacte pour récupérer les clés, mais la situation tourne mal. Une altercation éclate, et l'accompagnateur de la femme est blessé à trois reprises : deux fois à la jambe et une fois au front, après avoir reçu un jet de gaz lacrymogène.
Le trentenaire prend la fuite et est interpellé quelques jours plus tard chez une amie à Cendras, après une tentative d'évasion spectaculaire : il saute d'un toit sur un arbre, entraînant des gendarmes dans sa chute dans une forte pente, causant cinq jours d'ITT à deux militaires.
La version du prévenu : légitime défense
À la barre, le prévenu explique s'être caché et avoir fui par peur d'être renvoyé en Algérie, pays qu'il a quitté en 2021. Il se présente comme la victime de l'agression : « Il a sauté sur moi et m'a étranglé direct », déclare-t-il, affirmant s'être défendu avec le manche d'un couteau qui s'est brisé. « Moi aussi, j'ai vu la mort ! » Quant aux deux autres blessures à la jambe, il suggère que la victime aurait pu se les infliger elle-même pour l'incriminer.
Les réquisitions du parquet
La représentante du ministère public se montre dubitative. Elle s'appuie sur les témoignages de deux personnes pour décrire un acharnement et un état bestial. Elle requiert un an de prison ferme, le maintien en détention et une interdiction du territoire national de cinq ans.
La plaidoirie de la défense
Me Sophie Bonnaud, avocate du prévenu, plaide la relaxe. Elle souligne que son client, inséré socialement, n'a pas été violent envers les gendarmes. Elle estime que le dossier manque de preuves solides : il est difficile de déterminer si le coup de couteau était volontaire ou accidentel, et la victime ne présente pas de traces de gaz lacrymogène, ce qui contredit la version de l'accusation. « Le tribunal devra douter sur le fait de qui voulait régler le compte à qui », conclut-elle.
Le verdict
Les magistrats ont condamné l'Algérien à huit mois de prison, ordonné son maintien en détention et prononcé une interdiction du territoire français de trois ans.



