Mardi 28 avril 2026, le tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan s'est longuement penché sur un dossier mettant en cause l'ex-premier magistrat aturin et sa compagne Chrystèle Pla, directrice générale des services. Douze mois d'emprisonnement assortis d'un sursis simple ont été requis contre Xavier Lagrave, tandis que huit mois avec sursis ont été demandés pour Chrystèle Pla.
Des accusations de harcèlement moral
Plusieurs plaintes dénonçant des faits de même nature ont été déposées contre Xavier Lagrave, maire d'Aire-sur-l'Adour de 2014 à mars 2026, et sa compagne, Chrystèle Pla, directrice générale des services. Ce mardi 28 avril 2026, au tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan, le couple devait répondre de harcèlement moral. Sur les huit agents municipaux présumés victimes, un seul était présent à cette audience qui a duré près de douze heures, se terminant au milieu de la nuit.
Les témoignages des victimes présumées
Au début de l'audience, Xavier Lagrave et Chrystèle Pla ont été entendus sur les accusations portées par une ancienne chargée de communication de la commune, recrutée en juin 2022. Dans ses déclarations aux gendarmes en août 2024, celle-ci décrit notamment les nombreux reproches formulés par l'ancien maire d'Aire-sur-l'Adour sur son travail. « Tu ne sais pas écrire, tu fais trop d'écrits à la Prévert », cite-t-elle par exemple. « Je dis les choses, mais je suis certain que je ne suis ni menaçant ni injurieux », s'est défendu Xavier Lagrave.
Après plusieurs arrêts de travail, l'ancienne agente municipale finit par demander un entretien. Elle est reçue par Chrystèle Pla, directrice générale des services. Les deux femmes évoquent alors la situation médicale de la fonctionnaire, qui souffre d'endométriose. « En tant que femme je comprends, en tant que DGS, tes absences posent problème, cela veut dire qu'on ne peut pas te faire confiance », aurait-elle formulé. Sur ces accusations, Chrystèle Pla s'est défendue, reprenant peu ou prou les propos tenus durant l'entretien.
Des examens psychologiques révélateurs
Dans ce dossier, les examens psychologiques réalisés auprès des présumées victimes révèlent des traumatismes chez plusieurs d'entre eux. « Qu'en pensez-vous ? », interroge la présidente. « Je n'ai rien à dire, hormis que je ne crois pas que ce soit lié à ma façon de parler », affirme Xavier Lagrave. « Je trouve que ces rapports sont à charge contre nous. Je suis sincèrement désolé que ces agents soient aussi mal psychologiquement, mais je ne comprends pas que cela soit lié à nous », soutient Chrystèle Pla.
Une « mise au placard » et un « climat délétère »
Entendue en août 2024, une ancienne cheffe de la police municipale remonte elle aussi de nombreux reproches formulés par l'ancien maire et évoque des « heures supplémentaires non payées ». Sur ce point, Chrystèle Pla argumente, en expliquant le système de rémunération. « Les agents de la police municipale sont annualisés et doivent réaliser un certain nombre d'heures. Ses heures n'avaient pas dépassé les heures prévues. Il n'y avait donc pas lieu de lui payer des heures supplémentaires. »
D'autres témoignages d'agents municipaux, tels qu'un ancien directeur général adjoint chargé de la gestion des projets, un ex-policier ou encore un ancien responsable des services techniques, dénoncent une « mise au placard », « un climat délétère ».
Une attitude calme à la barre
Un ex-chef des services des sports, unique victime présumée à s'être présentée à la barre, a relevé l'attitude calme du couple, répondant avec flegme aux questions de la présidente, un comportement qui trancherait avec celui adopté par le couple au sein de la mairie. « Je n'ai pas l'impression de reconnaître M. Lagrave et Mme Pla. Je ne les ai jamais entendus parler ainsi. »
Plusieurs anciens élus issus du camp de la majorité du temps où Xavier Lagrave était maire, ont également présenté leur version à la barre. « Madame, vous ne témoignez pas sous serment mais votre témoignage est extrêmement important car les propos rapportés par l'ancienne chargée de communication expliquent en partie la comparution de M. Lagrave à l'audience d'aujourd'hui. Il n'y a pas eu de reproches tel qu'elle le décrit aux enquêteurs ? », interroge le conseil de M. Lagrave. « Non », répond l'ancienne élue.
« Un attentat politique »
« Nous vous présentons une méthode de management qui n'affiche aucun souci. La réalité est tout autre. Je représente deux agents qui ont été mis en arrêt », a déclaré une avocate de la partie civile.
« Quand on regarde un peu plus la situation, c'est la forme que vous employez qui vous est reprochée. Y a-t-il une part de vérité ? », interroge la présidente. « Je dis les choses. Elles ont peut-être été mal interprétées […]. C'est un attentat politique », lâche l'ancien maire.
« Quand on est mis en cause par plusieurs personnes, ça demande un minimum d'effort de remise en question. Il n'y a pas une once de remise en question chez madame Pla et monsieur Lagrave. Des dénigrements répétés, des reproches injustifiés, le café qui n'est pas pris avec la bonne personne, c'est du management toxique constitutif d'un harcèlement moral », a souligné la magistrate du parquet qui a requis douze mois d'emprisonnement assortis d'un sursis simple contre Xavier Lagrave, et huit mois d'emprisonnement assortis d'un sursis simple contre Chrystèle Pla. Le délibéré sera rendu le mardi 23 juin 2026 à 13 h 45.



