12 ans de prison pour le chauffard qui a renversé mortellement Argane à Hyères
Le tribunal correctionnel de Toulon a condamné ce vendredi Illan Tabeau, 31 ans, à 12 ans de prison pour homicide involontaire. Le 19 février 2025, il avait percuté mortellement Argane, 21 ans, sur la route de Nice à Hyères. Au moment des faits, il présentait un taux d'alcoolémie de 2,9 grammes par litre de sang et était positif à la cocaïne et au cannabis.
Un procès sous haute émotion
La famille et les proches d'Argane, vêtus de rose, la couleur préférée de la jeune femme, ont assisté au procès. La salle d'audience était trop petite pour accueillir tous les soutiens. Illan Tabeau, incarcéré depuis février 2025, a reconnu les faits : « Je suis un assassin, c'est impardonnable ». Son casier judiciaire comportait déjà cinq condamnations, dont quatre pour des délits routiers sous l'empire de l'alcool.
Des circonstances aggravantes
Le jour du drame, Tabeau avait passé la journée à boire avec sa mère, avec qui il entretient une relation toxique. Après l'avoir ramenée chez elle, il a pris le volant. Les témoins ont décrit une conduite dangereuse : il slalomait entre les voitures, doublait à vive allure et s'est retrouvé à contresens avant de percuter le véhicule d'Argane, le « explosant littéralement ». À l'arrivée des pompiers, il s'en est pris à eux avec virulence : « Je vais vous buter, je connais du monde ».
La douleur de la famille
La mère d'Argane, Karine, a pris la parole : « Depuis ce jour, ma vie s'est arrêtée. Je tiens par survie. Si j'avais su que c'était notre dernier appel, je l'aurais gardé plus longtemps. » Elle s'est tournée vers le prévenu : « On ne peut pas entendre vos excuses. La seule personne qui devrait les entendre, vous l'avez enterrée. » Sa sœur Soline a ajouté : « Le silence de la maison est devenu assourdissant. Cet homme a tout détruit. »
La réaction du tribunal
La présidente Marie-Laure Arnouil a souligné l'injustice de la situation : « Votre vie est fichue, celle de la famille aussi. Ce qui est injuste, c'est que le responsable s'en sorte sans une égratignure, et que la victime n'est plus là. » Le ministère public a requis 12 ans, qualifiant Tabeau de « danger public ». La défense a tenté d'humaniser son client, évoquant un « homme ordinaire avec un environnement familial défaillant ». La famille d'Argane espérait une peine exemplaire, et la justice a prononcé 12 ans de prison.



