Mobilisation des personnes aveugles et malvoyantes à Nîmes : quand se déplacer en ville devient un parcours du combattant
Une mobilisation citoyenne, réunissant une trentaine de personnes aveugles et malvoyantes, a été organisée ce jeudi 30 avril dans les rues de Nîmes. Initiée par la Fédération des aveugles de France, cette action avait pour but d’alerter sur les dangers rencontrés par ces personnes lors de leurs déplacements.
« Nous avons besoin de nous déplacer en sécurité pour accéder à la culture, à l’emploi, au sport et aux loisirs ! », a insisté Frédéric Barety. Le président de la Fédération des aveugles et amblyopes de France (FAAF) Gard-Lozère, lui-même aveugle, a voulu pointer du doigt les nombreuses difficultés rencontrées par les personnes aveugles et malvoyantes lors de leurs déplacements en ville.
Pour ce faire, dans le cadre de la Journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité ce jeudi 30 avril, une manifestation citoyenne a été organisée à Nîmes, en présence d’élus, mais aussi de Bruno Gendron, le président national de la fédération. Une trentaine de personnes aveugles et malvoyantes, avec leurs accompagnants, ont participé à cette action.
« Pour moi, c’est une hantise de venir à Nîmes »
« Vous voyez, ici, il n’y a pas de rainurage pour signifier qu’il y a une voie de vélo », a-t-il montré à Christine Pralong, conseillère municipale déléguée notamment au handisport, Cécile Jourdan, adjointe à la Ville inclusive, au handicap, à la circulation et aux mobilités actives, et Henry Brin, conseiller régional délégué au handicap. Un danger selon lui, qui n’est malheureusement pas isolé.
Sur l’ensemble du parcours imaginé entre l’avenue Jean-Jaurès et la mairie, de nombreux obstacles ont ainsi été relevés. Parmi les problèmes les plus fréquents figurent les passages trop étroits, les terrasses de cafés non aménagées, les signalétiques non réglementaires ainsi que les passages piétons. « Pour moi, c’est une hantise de venir à Nîmes », a confié Cathy, une Saint-Gilloise malvoyante et malentendante.
« Et la hauteur des panneaux aussi est problématique, car tout ne se passe pas en bas », a complété Robert, son mari. « Sans parler des trottinettes, des volets fermés à l’espagnolette… Tout ça, on ne peut pas les percevoir avec la canne », a surenchéri, de son côté, Nadine de Milhaud.
Sensibiliser les élus et les citoyens
Des carences en signalétique qui peuvent avoir des conséquences importantes sur le quotidien de ces personnes. « Ça peut générer chez certains du stress et de l’angoisse », a notamment insisté Frédéric Barety. Et si les élus étaient les premières cibles de cette action citoyenne, l’association a aussi souhaité être visible auprès du grand public, afin de le sensibiliser à leurs problématiques et de permettre à tous de se déplacer en sécurité.



