Des membres influents du Parti démocrate appellent Graham Platner à abandonner sa candidature au Sénat américain après qu'une femme de 41 ans, Jenny Racicot, a déclaré avoir été violée par lui il y a cinq ans, selon des informations de Politico et CNN publiées lundi 6 juillet.
Platner rejette les accusations mais ne suspend pas sa campagne
Dans un communiqué, Graham Platner a qualifié ces allégations de « troublantes, graves et fausses ». Il n'a pas indiqué s'il envisageait de suspendre ou de mettre fin à sa campagne, précisant : « Nous prenons le temps de réfléchir à la meilleure voie à suivre. »
Un enjeu majeur pour la majorité au Sénat
Cette affaire intervient dans un contexte politique crucial : les élections de mi-mandat. Le Maine est devenu un État clé dans la stratégie démocrate pour reconquérir le Sénat, où le parti ne détient que 47 sièges contre 53 pour les républicains. Seuls quelques sièges sont jugés compétitifs, notamment ceux du Maine, de la Caroline du Nord, de l'Ohio, du Texas et de l'Alaska. Le siège de la sénatrice républicaine Susan Collins est l'une des cibles principales des démocrates, et Graham Platner représentait une chance de la battre, suscitant une inquiétude croissante au sein du parti.
La direction du Parti démocrate du Maine exige son retrait
Pour la direction du Parti démocrate du Maine, il est inconcevable de continuer à soutenir le candidat. Le président Charlie Dingman, la vice-présidente Imke Schessler et le directeur exécutif Devon Murphy-Anderson ont expressément demandé à Platner de « se retirer en tant que candidat démocrate pour le Sénat américain ». Dans un communiqué publié sur X, ils ont cité plusieurs femmes ayant formulé des « allégations graves et crédibles » à son encontre.
Des soutiens se retirent
D'autres figures influentes du parti ont également retiré leur soutien. Ro Khanna, député démocrate de Californie, a annoncé : « Je retire mon soutien », ajoutant avoir « toujours clairement indiqué que les agressions sexuelles ou la violence à l'égard des femmes constituaient une ligne rouge ». Ce retrait fait suite aux révélations des médias.
Un avenir politique incertain
Graham Platner peut être remplacé sur le bulletin de vote s'il se retire avant le 13 juillet. Le Parti démocrate du Maine devra alors désigner un candidat de remplacement avant le 27 juillet. Plusieurs options existent, notamment Janet Mills, la gouverneure du Maine, qui avait suspendu sa campagne face à la montée en puissance de Platner. Cette affaire pourrait toutefois nuire à l'ensemble des campagnes démocrates dans le Maine, où le parti espère conserver le poste de gouverneur et conquérir un siège à la Chambre des représentants.
D'autres accusations révélées par la presse
Plusieurs enquêtes de journaux américains ont mis au jour d'autres accusations visant Graham Platner. Début juin, le New York Times rapportait les témoignages d'anciennes compagnes le décrivant comme parfois méprisant envers les femmes. Le 30 mai, le Wall Street Journal révélait que le candidat avait envoyé des messages à connotation sexuelle à une dizaine de femmes.



