Une tringle de dressing arrête une balle et sauve quatre enfants à Montpellier
Un acte d'une extrême violence s'est produit dimanche 5 avril vers 14 heures dans le quartier La Martelle, à l'ouest de Montpellier. Alors qu'une famille composée de deux adultes et de quatre enfants âgés de 12 ans, 7 ans, 5 ans et 20 jours se trouvait dans son appartement de l'avenue de Monsieur Teste, une détonation a retenti.
Le miracle de la tringle
"La tringle a arrêté la balle et sauvé la vie de mes enfants", témoigne Khadija, la mère de famille. Le projectile de 9 mm a été tiré à travers la porte d'entrée de l'appartement, a traversé un miroir situé en face, puis une cloison en contreplaqué donnant sur la chambre des enfants avant d'être miraculeusement stoppé par la tringle métallique d'un dressing.
"Ils étaient accroupis en train de jouer à la pâte à modeler !", explique Khadija, encore sous le choc. La tringle, située à environ 1,10 mètre du sol, a intercepté le tir qui était orienté légèrement vers le bas, épargnant ainsi les enfants qui se trouvaient juste en dessous.
Une erreur de destinataire ?
Selon une source proche de l'enquête, cet acte pourrait résulter d'une méprise. Le tireur aurait potentiellement visé d'autres locataires de l'immeuble. En effet, début 2025, une famille a emménagé dans un appartement précédemment occupé par une personne âgée dans cette même résidence de La Martelle.
Ces nouveaux occupants, relogés suite à des problèmes survenus dans leur précédent quartier, pourraient avoir été la cible de ce qui ressemble à un acte d'intimidation ou de vengeance. Un homme seul aurait été aperçu quittant précipitamment les lieux juste après la détonation.
Traumatisme familial
"Les enfants sont complètement traumatisés depuis", confie Khadija. "Ils ne sont pas allés à l'école et au collège ce mardi. Je suis en congé maternité et je les garde avec moi. Ils ne veulent même plus aller dans leurs chambres."
La famille doit désormais accompagner les enfants aux toilettes, situées au milieu du couloir, tant la peur est installée. "Même pour moi, c'est difficile d'aller dans la chambre pour récupérer les habits de ma fille", ajoute la mère de famille.
Enquête en cours
La police nationale, arrivée rapidement sur les lieux, mène une enquête pour déterminer l'identité de l'auteur et retracer le déroulement exact des faits. Les policiers ont qualifié la famille de "très chanceuse" et ont souligné que le pire avait été évité de justesse.
"Tirer un dimanche à 14 heures, alors que tous les enfants sont là, c'est totalement fou", déplore Khadija. "Ça a aussi choqué tout le quartier." La famille, qui habite cet appartement depuis 2013 sans jamais avoir rencontré le moindre problème, doit maintenant reconstruire sa vie dans un climat de peur permanente.
"On va essayer de reprendre une vie normale mais ça va être long", conclut Khadija, évoquant une époque révolue où la famille sortait parfois sans fermer sa porte à clé.



