Trafic de drogue "Uber Shit" : deux ans de prison ferme pour le chef présumé
Trafic de drogue "Uber Shit" : deux ans ferme pour le chef

Lundi 15 juin, trois prévenus ont comparu devant le tribunal correctionnel d'Alès dans le cadre d'une procédure de comparution immédiate pour trafic de stupéfiants. L'affaire, qualifiée de "Uber Shit" par les enquêteurs, concernait un réseau actif depuis le village gardois de Saint-Jean-de-Valériscle, avec des ramifications en Lozère et en Ardèche.

Des interpellations et une reddition

Deux des mis en cause avaient été interpellés à leur domicile dans le Gard le mercredi 10 juin, tandis que le troisième s'était rendu de lui-même à la gendarmerie de Toulon dans l'après-midi du même jour. Placés en détention provisoire deux jours plus tard, ils se sont retrouvés lundi dans le box, âgés de 24, 28 et 36 ans.

Un chef de réseau présumé

Si les deux plus âgés reconnaissent avoir joué un rôle de livreurs, les gendarmes de la brigade de recherches et le parquet considèrent que le cadet, récemment installé à Toulon, était à la tête du réseau. Ce dernier nie farouchement les accusations, malgré de nombreux éléments à charge : témoignages, téléphonie, traceurs... "Je n'y suis absolument pour rien !" a-t-il déclaré.

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La présidente de l'audience, Élodie Thebaud, a tenté de le pousser dans ses retranchements : "Tout ce qui a été mis en exergue, tout ça c'est le fruit du hasard ? Tout le monde a monté un complot contre vous !". Le jeune homme, en état de récidive, n'a pas cédé face au substitut du procureur Quentin Larroque, affirmant que "c'est peut-être quelqu'un qui (lui) en veut".

Le parquet a alors lancé : "Et si vous étiez un immense menteur ? Et si la seule incohérence, c'est vous ? Vous ne vous moquez pas de nous ?"

Des réquisitions fermes

Le ministère public a requis à l'encontre du plus jeune, qualifié de "véritable chef d'entreprise" ayant pour "salariés zélés" les deux autres, une peine de quatre ans de prison et 10 000 € d'amende. Pour le livreur de 36 ans, "au passé judiciaire bien chargé", 30 mois de prison, la révocation d'un sursis simple de quatre mois et 3 000 € d'amende. Pour le troisième, "inconnu de la Justice", deux ans de prison dont un avec sursis probatoire et 2 000 € d'amende.

Les plaidoiries de la défense

Me Camille Monestier, avocate des deux livreurs, a plaidé pour une peine légère pour son client de 28 ans, au casier vierge, et une peine mixte pour le trentenaire. Me Guillaume Garcia, avocat du plus jeune, a contesté la qualification de chef de réseau, le présentant comme une "bonne poire" sur laquelle les autres se seraient déchargés. Il a pointé des "incohérences" dans le dossier et critiqué l'enquête : "Dans les stups de village, on amplifie les dossiers !"

Décision du tribunal

Le tribunal a déclaré les trois prévenus coupables, mais en revoyant les peines à la baisse. Seul celui au casier vierge est ressorti libre, condamné à 18 mois avec sursis probatoire et 1 500 € d'amende. Les deux autres sont maintenus en détention. Le "chef d'entreprise" a écopé de deux ans de prison ferme, 5 000 € d'amende et une interdiction de paraître dans le Gard pendant trois ans. Le livreur récidiviste a pris 18 mois, auxquels s'ajoutent la révocation du sursis simple et 3 000 € d'amende.

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