Grève des syndicats de presse le 18 juin 2026 à Paris contre la crise du secteur
Grève des syndicats de presse le 18 juin à Paris

Les syndicats de journalistes et des métiers de la presse appellent à une journée de grève et une manifestation nationale jeudi 18 juin 2026 à Paris, à un an de la présidentielle. Ils dénoncent une avalanche de plans sociaux, un modèle économique vacillant et les bouleversements liés à l'intelligence artificielle, tout en regrettant l'inaction du gouvernement après les États généraux de l'information.

Une tempête sur l'emploi dans la presse

Centre France, Prisma, Bayard, Marie-Claire… « On assiste à une avalanche de plans sociaux », résume Agnès Briançon du Syndicat national des journalistes (SNJ), qui a comptabilisé 638 suppressions de postes annoncées depuis mars. « Cela touche l'ensemble des métiers, pas seulement les journalistes », souligne-t-elle, incluant les imprimeries et les commerciaux. Les syndicats redoutent aussi un plan social dans le groupe EBRA, propriété du Crédit Mutuel, éditeur de neuf titres comme L'Est Républicain ou Le Progrès.

Selon le sociologue des médias Jean-Marie Charon, « la presse quotidienne régionale connaît des décrochages importants et c'est généralisé ». Il ajoute : « Pendant des années, il y a eu des mesures d'adaptation mais, là, on est “à l'os”. »

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Un modèle économique à bout de souffle

Jean-Marie Charon évoque un « effet ciseaux » venu de loin : avec internet, moins de personnes paient pour l'information, tandis que la publicité est captée par les grandes plateformes numériques. Le patron de l'Arcom, Martin Ajdari, a alerté sur un effondrement : les producteurs d'information représentaient 50 % du marché publicitaire en 2019 et n'en représenteront que 20 % en 2030. La diffusion des journaux continue de baisser, et si certains comme Le Monde ont négocié le virage numérique, la presse quotidienne régionale souffre particulièrement.

L'IA, mangeuse d'emplois ?

Début mai, les syndicats du groupe Infopro Digital ont protesté contre la suppression de 19 postes de journalistes secrétaires de rédaction, remplacés par cinq « chefs d'édition » assistés par l'IA. « C'est la première fois qu'on a un plan social directement lié à l'IA générative », constate Emmanuel Vire du SNJ-CGT, qui redoute une « lame de fond ».

Bras de fer avec les géants de l'IA

Les géants mondiaux utilisent les contenus de presse sans payer. Le patron du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, a accusé les entreprises d'IA de « vol effronté de propriété intellectuelle ». En France, l'Apig, regroupant près de 300 quotidiens, a attaqué en justice l'entreprise Brave. Certains titres comme Le Monde et Le Figaro ont choisi de nouer des accords avec OpenAI, Perplexity ou Meta.

Milliardaires et influence

Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Xavier Niel, Daniel Kretinsky, Rodolphe Saadé… Des milliardaires investissent massivement dans les médias, remodelant le paysage. L'idée de revoir les règles sur la concentration est largement partagée. La gauche accuse les médias du groupe Bolloré de promouvoir des idées d'extrême droite, tandis que Matthieu Pigasse revendique « mettre les médias qu'il contrôle dans le combat contre la droite radicale ».

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