Tirs de kalachnikov près d'Antibes : un père de famille témoigne de sa peur
Tirs de kalachnikov près d'Antibes : un père témoigne

Ce n'était pas le plan. Lorsque Mahrez accepte sa mutation dans les Alpes-Maritimes, il imagine une vie de soleil pour sa femme et ses deux enfants. Deux ans et demi après avoir quitté la région parisienne, ce quadragénaire a l'impression d'être tombé dans un cauchemar. Tout a basculé la semaine passée, dans la soirée du lundi 4 mai.

« J'ouvre la fenêtre et je vois des gens se sauver »

« Je regardais la télévision dans le salon. J'entends du raffut, je pense à des pétards et comme un c... j'ouvre la fenêtre. Je vois deux, trois personnes se sauver. » Situé au rez-de-chaussée d'un immeuble des Hauts-de-Vallauris, il se rend compte quelques instants plus tard que les détonations entendues sont en réalité des tirs. Preuve en est : sa vitre a été touchée, les impacts se trouvent sur sa terrasse.

« Regardez, il doit y en avoir une dizaine des impacts de balles ! » Cette prise de conscience lui glace le sang. « Les premières minutes, on pense être visé. Mais je ne travaille pas dans ce domaine, je n'ai rien à voir avec tout ça. D'ailleurs, quand les policiers nous ont parlé d'un règlement de comptes ça nous a rassurés, si je peux dire ça comme ça. Parce que j'avais déjà repris certains jeunes sur des comportements, etc. On imagine plein de choses… »

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Un règlement de comptes sur fond de trafic de drogue

Que s'est-il passé durant cette soirée ? Visiblement un règlement de compte entre trois individus aurait éclaté dans les rues du Haut-de-Vallauris (dans une vidéo, on voit un homme accompagné d'un autre tirer sur un troisième individu prenant la fuite) sous fond de trafic de drogue. Huit personnes, en lien avec le trafic, ont été interpellées et placées en garde à vue. Un appartement a même été perquisitionné : une arme a été retrouvée, plus de 3000 euros et 350 grammes de résine de cannabis ont été saisis. Un homme de 28 ans a été déféré devant le parquet de Grasse pour passer en comparution immédiate ce lundi 11 mai. Un autre individu a écopé d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Un autre a reçu une convocation par officier de police judiciaire.

« Une balle aurait pu toucher les enfants »

De son côté, le père de famille a déposé plainte contre X. Il a également demandé à quitter le logement, marqué par ce traumatisme. En attendant, la famille ne se risque plus à aller sur leur terrasse : « Une balle aurait pu toucher les enfants. Ma femme faisait le linge sur le balcon une heure avant. » Mahrez marque un temps d'arrêt, souffle et lâche : « On n'était pas loin du drame. C'est fou de se dire qu'en une seconde, la vie peut basculer. Ils t'envoient des rafales, comme ça. »

Si durant les premiers jours le déploiement de forces s'est fait ressentir, les récents événements niçois - avec une escalade violente aux Moulins conduisant à plusieurs décès ce lundi 11 mai - ont ainsi déplacé la mobilisation sur la capitale azuréenne. Depuis une semaine, de nouvelles détonations - mortiers ou tirs ? - ont résonné en soirée dans le quartier de Vallauris. « Dès que j'entends un bruit, même un claquement de porte, je vais voir. Ça m'a traumatisé. »

« Il faut des actions sur le long terme »

Une ambiance inquiétante qui a conduit Mahrez à témoigner dans nos colonnes. « C'est un super quartier, il y a vraiment une très bonne ambiance, mais il faut absolument régler ce problème. Il faut parler. On ne peut pas rester comme ça, les bras croisés. Mais la solution doit venir du gouvernement, des maires, des préfets. Il faut des actions sur le long terme et pas seulement une présence de quelques jours… »

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