Un surveillant de la prison de Grasse interpellé avec de la drogue
Jeudi 4 juin, lors d'un appel du personnel à la maison d'arrêt de Grasse, un surveillant de prison a été pris en flagrant délit de possession de stupéfiants. La fouille a révélé qu'il dissimulait trois plaques de résine de cannabis, soit 300 grammes, dans ses chaussettes et son caleçon. Selon nos informations, il s'agit d'un gardien récemment titularisé, un ancien militaire d'une cinquantaine d'années en reconversion.
Une série d'incidents récents
Cette affaire intervient dans un contexte alarmant pour l'établissement. La semaine précédente, le 27 mai, 14 téléphones portables et chargeurs avaient été découverts lors d'une livraison de poulets destinés à la cuisine. Un agent de porte avait remarqué un bout de plastique dépassant de la nourriture, menant à la saisie. Deux suspects, un préparateur de commande et un auxiliaire de cuisine, sont poursuivis en justice.
D'autres tentatives d'intrusion ont eu lieu récemment : des colis contenant stupéfiants, chargeurs et accessoires ont été livrés par drone dans la cour et sur le terrain de sport début mai. La directrice de l'établissement, Claire Doucet, a déclaré : « C'est la preuve que nous faisons bien notre travail à l'intérieur, où notre personnel est à l'affût. »
Un phénomène inquiétant de narcotrafic
Pour le syndicat FO-Justice, cette affaire est une alerte supplémentaire. Le délégué Mehdi Ammich dénonce l'infiltration du narcotrafic : « Les narcotrafiquants infiltrent tous les corps de métier pour avoir un coup d'avance, certains passent même des concours. » Il souligne également l'appât du gain, auquel certains agents cèdent. Malgré la revalorisation salariale de 2024 (un surveillant stagiaire peut débuter à 2000 euros nets, un titulaire jusqu'à 3000 euros avec heures supplémentaires), ces montants restent dérisoires face aux moyens des dealers.
Des défis sécuritaires persistants
La prison, surpeuplée et sous-dotée en personnel, peine à faire face aux intrusions. Les systèmes de brouillage et anti-drones montrent leurs limites. Le syndicat pointe également un climat toxique avec la direction actuelle. En réponse, Claire Doucet affirme que « tout se passe très bien à la maison d'arrêt de Grasse », ajoutant que les drones et téléphones portables sont un fléau commun à tous les établissements pénitentiaires, mais que l'équipement est bon et les interventions efficaces.
Un drone intercepté par la police
Mercredi soir, un survol de drone a été signalé. La police a interpellé un suspect aux abords de la prison, qui transportait trois téléphones, des câbles et une ficelle. Il a nié toute intention de les introduire dans l'enceinte, mais le tribunal correctionnel de Grasse l'a condamné à un an de détention avec mandat de dépôt.



