Shiva accusée de précariser ses employés de ménage malgré un discours valorisant
Shiva accusée de précariser ses employés de ménage

Les publicités de Shiva, visibles notamment dans le métro parisien, mettent en avant « l'éclat de la profession employé de maison ». Pourtant, l'enseigne serait accusée de maintenir certains de ses employés dans l'ombre.

Trois agents de ménage portent plainte

Trois agents de ménage reprochent à Shiva de se présenter comme un mandataire, c'est-à-dire un simple intermédiaire entre les particuliers et les agents de ménage, alors que la société entretiendrait avec eux une relation d'employeur, mais sans les garanties prévues par le statut de salarié.

Une « précarité institutionnalisée »

Shiva, qui compte 700 agences gérées en franchise, a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires de 63,8 millions d'euros. « Shiva est devenue l'une des plus importantes entreprises de nettoyage de France sans assumer les charges sociales et les obligations qui incombent normalement à un employeur du secteur de la propreté », a dénoncé auprès de l'AFP le collectif d'avocats représentant les plaignants.

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Son « modèle repose sur une forme de précarité institutionnalisée », quand Shiva brandit « un positionnement marketing prétendument ''premium'' et un discours consistant à vouloir rendre leur dignité à des professionnels du ménage souvent dévalorisés », ont accusé Mes Hector Bernardini, Jean Simon, Lucie Rain, Magali Woch et Marianne Jacob.

Les clients de ces avocats ont porté plainte en janvier, comme l'avait révélé le site Basta !. Depuis, une enquête a été confiée à la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS), a indiqué samedi le parquet de Paris.

La réaction de Shiva

Contactée, Shiva a assuré « accueillir sans réserve tout examen de son activité », précisant ne pas avoir été, jusqu'à aujourd'hui, au courant de l'enquête. « Shiva porte une attention scrupuleuse à la légalité de ses activités, en lien avec ses franchisés » dans le cadre « du statut de mandataire prévu par la loi », a ajouté le porte-parole.

Des employés géolocalisables pendant le travail

Dans leur plainte, dont l'AFP a eu connaissance, les agents estiment que leurs conditions de travail montrent un « véritable lien de subordination » à Shiva. Par exemple, ils doivent être géolocalisables quand ils travaillent, et leurs congés ou leurs augmentations de salaire sont gérés par Shiva, affirment-ils.

La plainte accuse aussi Shiva de marchandage de main-d'œuvre : le recours « fréquent voire systématique » à des contrats à durée déterminée d'usage fragilise les agents mais bénéficie à Shiva, qui n'a pas à « débourser d'indemnité de licenciement ».

Référence à la jurisprudence Deliveroo

Les plaignants s'appuient notamment sur la jurisprudence Deliveroo. En 2022, le tribunal de Paris avait infligé une amende de 375 000 euros à la plateforme de livraison de repas, le maximum prévu, lors du premier procès pénal en France de l'ubérisation, avec comme enjeu le statut de ses livreurs.

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