SDF et dealer à Nîmes : le parcours chaotique d'un quadragénaire condamné
SDF et dealer à Nîmes : un quadragénaire condamné

Le trafic de drogue à Nîmes a révélé le parcours chaotique d'un homme sans abri, arrêté le 31 décembre 2025 avec 28 grammes de stupéfiants. Condamné à dix mois avec sursis probatoire, il devra désormais se soigner et retrouver un emploi.

Un profil atypique devant le tribunal

C'est un profil atypique mais pas surprenant qui s'est dessiné ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Nîmes. L'homme, un quadragénaire, a été interpellé par la police au niveau de la galerie Richard Wagner le 31 décembre 2025. Il passait de la drogue à un client à travers une grille lorsque les policiers l'ont vu dealer. Au deuxième client, ils ont décidé de l'interpeller et de le placer en garde à vue. Le bilan de l'opération est de 14 grammes de haschisch, environ 3 grammes d'herbe et 11 grammes de cocaïne.

Des aveux tardifs

Lors de son audition au commissariat, cet homme de 42 ans, natif de Saint-Chamond dans la Loire, a nié en bloc les faits reprochés, en dépit des surveillances des policiers et de la saisie de drogue emballée dans des sachets en plastique. Seul et sans avocat, il a changé de version face au président Reynes. Il a finalement totalement reconnu les faits.

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Une descente aux enfers

L'homme a expliqué que la date du 31 décembre l'avait chamboulé émotionnellement et avait ravivé des traumatismes exacerbés par une vie de déshérence depuis une dizaine d'années. Il a précisé qu'il était sans domicile fixe après une longue descente aux enfers d'origine familiale : mère aisée et père égoïste et truqueur dont les manœuvres l'ont mis à la rue. Il a aussi indiqué que son manque d'argent et son absence de logement le contraignaient à vivre dans les couloirs d'un hôpital ou dehors. Sa pauvreté l'aurait poussé dans les bras des dealers du quartier de Pissevin, qui lui auraient proposé à de nombreuses reprises de venir charbonner sur le point de deal. "J'étais chamboulé, j'ai craqué", a-t-il déclaré, reconnaissant l'intégralité des faits reprochés : offre, cession, usage.

Les détails de sa galère

La juge assesseur lui a demandé de préciser comment il s'était retrouvé à la rue. Il a détaillé ses dix ans de galère : la perte d'emploi alors qu'il travaillait comme réceptionniste dans un hôtel, une mère aisée mais radine. L'enquête de personnalité avait retenu des tourments psychologiques renforcés par une impécuniosité chronique.

La réaction du procureur

Le procureur adjoint, Frédéric Kocher, a pris acte de la reconnaissance des faits. Il a observé qu'il ne s'agissait pas d'une tête de réseau, mais que le prévenu avait bien participé au réseau de Pissevin. Le procureur a réclamé 14 mois de prison entièrement assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve. Le prévenu a expliqué qu'il essayait de sortir de la pauvreté et a remercié l'accusation d'avoir été magnanime.

La condamnation

Après délibéré, le quadragénaire a écopé de 10 mois avec sursis probatoire. Il sera suivi par un juge d'application des peines et aura l'obligation de se soigner et de trouver un travail.

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