Mobilisation des sans-abri à La Rochelle contre les arrêtés antimendicité
Sans-abri manifestent à La Rochelle contre arrêtés antimendicité

Ils ne comptent pas se laisser exclure. Plusieurs dizaines de sans-abri et de militants associatifs ont manifesté ce samedi à La Rochelle (Charente-Maritime) contre l'application d'arrêtés antimendicité par le nouveau maire Olivier Falorni (centre gauche), menaçant d'établir un sit-in nocturne sur la voie publique s'ils ne sont pas entendus.

Une mobilisation qui se poursuit

Deux semaines après une première mobilisation qui avait rassemblé plus d'une centaine de personnes, quelque « 50 à 60 » manifestants selon les organisateurs se sont de nouveau rassemblés devant l'hôtel de ville pour dénoncer une « chasse aux SDF ». « On nous enlève le peu qu'on a : pouvoir faire la manche, avoir des couvertures », a déploré Laurent Maurisson, 54 ans, qui vit dans la rue.

Une « politique bête » pour les sans-abri

« Même la bière, on nous l'interdit […] Pourquoi les gens ont le droit de boire du vin blanc en terrasse avec leurs huîtres et pas nous ? », a ajouté le quinquagénaire, surnommé « Lolo », auprès d'une correspondante de l'AFP. Robin, sans-abri de 33 ans qui ne souhaite pas donner son nom, explique avoir dû arrêter de faire la manche avec sa chienne devant une supérette, « viré par les policiers ». Il se dit désormais contraint d'aller « déranger les gens pendant leur pique-nique pour demander de l'argent », dénonçant une « politique bête ».

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Vers de nouvelles manifestations si rien ne change

Les deux arrêtés, adoptés en 2023 et 2025 par la précédente équipe municipale, interdisent « toutes occupations des rues […] accompagnées ou non de sollicitations ou quêtes », ainsi que la détention de boissons alcoolisées ouvertes dans différentes rues du centre-ville de 9 heures à 22 heures. Mais ces textes n'étaient jusque-là « pas vraiment appliqués, en tout cas pas par tous les policiers », assure Muriel Dumont, présidente de la Soupe solidaire et directrice de l'association Le Tôi Kétatous.

« Là, les SDF sont chassés, il y a de la violence et des insultes », affirme la responsable associative, reçue jeudi par Olivier Falorni. « Il nous a écoutés, il faut voir si on a été entendus », a-t-elle commenté. Elle promet une « nouvelle mobilisation » samedi prochain « sous la forme d'une "Nuit des allongés" comme à l'époque de Michel Crépeau, l'ancien maire (1971-1999) qui avait pris un arrêté antimendicité mais avait finalement fait marche arrière ». Et elle envisage une « grève de la faim » avec les SDF fin juin « si la situation n'évolue pas ».

La position de la mairie

La mairie, de son côté, dément que ces textes, qui « s'appliquent bien à tous », ciblent « une typologie de personnes », ajoutant qu'ils ont été pris pour « maintenir la tranquillité publique » face aux « réclamations répétées des riverains ». En mars, le Comité européen des droits sociaux, qui réunit 13 experts indépendants sous l'égide du Conseil de l'Europe, a estimé que ces arrêtés contrevenaient à la charte sociale européenne.

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