La ville de Saint-Denis est une nouvelle fois la cible de propos racistes. La mairie, dirigée par l'élu LFI Bally Bagayoko, a annoncé son intention de porter plainte après le déploiement, jeudi matin, d'une banderole appelant à la « remigration » sur la façade de la basilique Saint-Denis.
Une action revendiquée par un groupe d'extrême droite
L'action a été revendiquée sur les réseaux sociaux par un nouveau groupe baptisé « Objectif Remigration », issu du groupe identitaire d'extrême droite Les Natifs. Des images montrent une longue banderole bleue déployée en hauteur sur le monument. Le groupe affirme vouloir « afficher clairement son message » et décrit la basilique comme un symbole de la « nouvelle France ». Dans une vidéo, son porte-parole évoque également une référence historique à la bataille de 732 et à Charles Martel.
Une ville « visée » selon le maire
La notion de « remigration » renvoie à une politique visant à organiser l'expulsion à grande échelle de personnes étrangères ou d'origine étrangère. Contacté par l'AFP, Bally Bagayoko a dénoncé une action « de haine » et des propos « extrêmement graves ». L'élu affirme que la ville est visée en raison de son identité et de son histoire, qu'il décrit comme celle d'une commune marquée par les migrations successives.
La mairie de Saint-Denis, la préfecture de Seine-Saint-Denis ainsi que l'association « Suivez la flèche », chargée du chantier de rénovation de la basilique, ont annoncé leur intention de déposer plainte.
Le « symbole d'une France métissée »
De son côté, un porte-parole du groupe, se présentant sous le prénom Stanislas, a déclaré vouloir faire de la « remigration » un sujet du débat public à l'horizon 2027. Il décrit Saint-Denis comme le « symbole d'une France métissée » qu'il critique frontalement.
Le groupe « Objectif Remigration » s'inscrit dans la continuité des Natifs, connus notamment pour une banderole visant la chanteuse Aya Nakamura lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Élu dès le premier tour des municipales, Bally Bagayoko est régulièrement la cible d'attaques racistes depuis son élection.



