Réseau pédocriminel en ligne : peines de 6 à 16 ans à Orléans
Réseau pédocriminel : peines de 6 à 16 ans à Orléans

Ce jeudi, quatre hommes membres d'un vaste réseau pédocriminel en ligne ont été condamnés à Orléans. Les peines prononcées s'étalent de six à seize ans de prison. Trois d'entre eux ont également été reconnus coupables de viols sur mineurs.

Une enquête d'envergure

Dans cette affaire, les enquêteurs ont retrouvé pas moins de 930 000 fichiers pédopornographiques. Le nombre de victimes est estimé à 120. Les accusés, âgés de 37, 51, 52 et 64 ans, comparaissaient depuis lundi devant la cour criminelle du Loiret.

Le grooming comme mode opératoire

L'enquête a débuté en 2022 après une infiltration des gendarmes sur les réseaux sociaux. Elle a permis de démanteler plusieurs groupes utilisant des messageries chiffrées comme ICQ, Snapchat ou Telegram pour échanger des contenus pédopornographiques et entrer en contact avec des mineures.

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Leur mode opératoire, bien rodé, reposait sur le grooming, une pratique qui consiste à mettre en confiance de jeunes victimes afin d'obtenir des images ou vidéos à caractère sexuel. Au total, 120 victimes ont été détectées, dont 21 Françaises identifiées, âgées de 3 à 15 ans.

L'une d'elles a été victime d'agressions sexuelles et de viols de ses trois à six ans, entre 2019 et 2021, par Manuel C., un informaticien aujourd'hui âgé de 64 ans.

Un membre du groupe s'est suicidé

Onze faits distincts ont été intégralement filmés par Manuel C., la plupart sur des plages corses durant l'été, documentés dans un total de 91 fichiers. Ces actes, d'abord niés lors de ses auditions, ont finalement été reconnus à l'audience mardi. « J'étais obligé de tout filmer. Les vidéos restaient sur mon ordinateur car je ne supprimais rien, c'est maladif », a-t-il affirmé à la barre.

Manuel C., qui concentre près du tiers du million de fichiers retrouvés par les enquêteurs, a expliqué être parvenu à « faire tomber toutes les barrières normales qu'une enfant doit avoir par rapport à ces choses-là », tout en niant « toute attirance pour les enfants ».

« Il a ajouté aux crimes de la manipulation, s'en prenant à une proie facile et extrêmement jeune », a fustigé l'avocate de la victime, Me Elena Campario, affirmant que « sa cruauté » a laissé « une empreinte » définitive sur la fillette et ses parents.

Dans cette affaire, six membres du réseau ont été interpellés en 2023. Ils ne sont que quatre à comparaître : l'un d'eux s'est suicidé en détention provisoire. Un autre, arrêté en Belgique en novembre 2023 en état de récidive, a été condamné début 2025 à une peine de dix ans de prison.

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