L'Écluse 52 renaît de ses eaux après la crue dévastatrice
Fermé un mois et demi suite à la crue de février, le restaurant du port de plaisance du Langonnais, L'Écluse 52, a finalement rouvert ses portes début avril. Malgré des dégâts considérables et une pression intense, l'équipe a tenu à relancer rapidement son activité, portée par un élan de solidarité exceptionnel de la part de sa clientèle fidèle.
Une montée des eaux imprévisible et dévastatrice
Le jeudi 12 février, l'eau commence à monter doucement autour du restaurant L'Écluse 52, situé route du Moulin, près du canal latéral de la Garonne à Castets-en-Dorthe. Très vite, l'équipe s'organise pour limiter les dégâts. « On est venus surélever les frigos, les congélateurs, les caves à vin. On a mis les chaises sur les tables », raconte Agathe Celhay, 25 ans, directrice de l'établissement. Mais la crue s'intensifie rapidement, obligeant le restaurant à fermer plus tôt que prévu, alors qu'il devait juste partir en congés quelques jours plus tard.
Dès le dimanche, l'eau atteint près d'un mètre dans la salle et jusqu'à 1,10 mètre dans la cuisine, située en contrebas. « Plus on ouvrait les pièces, plus on voyait de choses à réparer », se souvient la jeune femme. Un répit inattendu intervient le mardi suivant lorsqu'une digue cède en amont, permettant à l'eau de se retirer rapidement. Un véritable coup de chance selon la direction, qui a pu ainsi entamer les travaux sans délai supplémentaire.
Une course contre la montre pour la réouverture
Si le restaurant avait déjà été touché par des inondations en 2021, la montée des eaux n'avait alors pas dépassé 40 centimètres. Cette fois, les dégâts sont bien plus importants et nécessitent une intervention massive. Après le passage rapide de l'expert, les travaux peuvent commencer dans la foulée. « On avait tellement envie de rouvrir », confie Agathe Celhay, déterminée à redonner vie à son établissement.
La cuisine est particulièrement touchée : machine à plonge, congélateurs, fours… Presque tout doit être remplacé. Seul un four, positionné en hauteur, est épargné. Le coût est conséquent, avoisinant les 100 000 euros pour cette seule partie. « C'est plus du matériel que du financier », nuance-t-elle, saluant le rôle crucial de l'assurance dans ce processus de reconstruction.
Malgré le chômage technique, l'équipe refuse de rester inactive. Huit personnes se mobilisent sans relâche pour remettre le restaurant en état, épaulées par un cuisiniste et un électricien. « On a reçu beaucoup de soutien de la part des clients, alors on voulait rouvrir au plus vite », explique la directrice. Deux habitués sont même venus leur rendre visite pendant les travaux, témoignant de la forte connexion entre l'établissement et sa clientèle.
Un cadre exceptionnel qui vaut tous les risques
Au cœur de cette remise en état, un homme joue un rôle clé : Christel, âgé d'une trentaine d'années, surnommé « l'homme à tout faire ». « Il nous a ‘‘drivés’’ pour les plans, les courses, la peinture… Il a toujours une solution », souligne la directrice. Grâce à cette mobilisation collective, à la réouverture le 3 avril, le restaurant affiche un visage presque neuf. Seuls quelques détails trahissent encore le passage de l'eau, rappelant les épreuves traversées.
Le week-end de Pâques marque un vrai succès commercial. Avec le retour du beau temps, les clients sont au rendez-vous en nombre. « Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu à servir des gens aussi gentils », sourit Agathe Celhay, émue par cet accueil chaleureux. Une nouvelle carte a même été lancée pour l'occasion, symbolisant le renouveau de l'établissement.
Malgré les inondations à répétition, avec deux épisodes majeurs depuis 2013, l'équipe reste profondément attachée à ce site en bord du canal latéral à la Garonne. « Dire non à ce cadre, c'est difficile », confie la directrice. Une demande d'installation sur pilotis a été déposée à deux reprises, mais refusée pour préserver le paysage. « Ça vaut le coup de prendre le risque », estime-t-elle, confiante pour la saison à venir et déterminée à poursuivre l'aventure dans ce lieu unique.



