Un père de famille relaxé au bénéfice du doute
Le tribunal correctionnel de Montpellier a prononcé une relaxe au bénéfice du doute pour un père de famille de 46 ans, poursuivi pour violences envers les fils de sa compagne, âgés de 11 et 13 ans. L'affaire, jugée le 22 mai 2025, a mis en lumière le rôle crucial de la défense, menée par Maître Mathieu Montfort, qui a su instiller le doute dans l'esprit des magistrats.
Des accusations étayées par des blessures visibles
Les faits remontent au 12 février dernier, lorsque l'infirmière du collège de Marsillargues, près de Lunel, découvre d'importants hématomes sur la cuisse gauche d'un élève de 11 ans. L'enfant explique alors que son beau-père le bat. Le prévenu, déjà connu pour dix condamnations antérieures (délits routiers, abus de confiance, escroquerie, extorsion, séquestration, blanchiment, violences en réunion), est placé en détention provisoire dans l'attente de son procès.
Les deux beaux-fils décrivent un quotidien marqué par les insultes, les tapes et les privations. L'aîné, âgé de 13 ans, a quitté le foyer familial il y a un an pour rejoindre son père. Le cadet, lui, raconte que son beau-père le frappait tous les matins, le privait de sortie, le contraignait à manger seul et sans sauce. Ces déclarations sont corroborées par les hématomes constatés par l'infirmière scolaire.
Le prévenu nie toute violence physique
À la barre, le prévenu réfute en bloc les accusations : « Je ne leur ai jamais levé la main dessus. Je les ai toujours considérés comme mes enfants. » Il reconnaît une éducation stricte, avec des punitions consistant à recopier des lignes, mais nie toute violence physique. Il attribue les hématomes à une bagarre entre les deux frères, survenue après que l'aîné a appris que le cadet était impliqué dans des faits de racket à l'école.
La mère des enfants, interrogée, admet des punitions constructives mais affirme n'avoir jamais vu son conjoint frapper ses fils. La représentante du ministère public, dubitative, requiert 18 mois de prison, dont 12 avec maintien en détention.
La plaidoirie de la défense fait basculer le procès
Maître Montfort, avocat de la défense, livre une plaidoirie ciselée. Il commence par regretter l'absence des deux garçons et de leur père, à qui il aurait souhaité poser des questions. Puis, il pointe les incohérences du dossier :
- Incohérence sur le lieu des coups : la jeune victime déclare d'abord que les coups ont été portés dans la voiture, puis à la maison.
- Absence de traces : si l'enfant était frappé tous les matins, où sont les traces ?
- Contradiction entre les frères : l'aîné dit avoir frappé son frère, mais le cadet le nie.
L'avocat conclut : « Au tribunal correctionnel, on n'est pas là pour croire, mais pour démontrer. »
Une relaxe au bénéfice du doute
Au vu des contradictions soulevées par la défense, le tribunal décide de relaxer le prévenu au bénéfice du doute. Cette affaire illustre l'importance de la présomption d'innocence et le rôle crucial de l'avocat dans le système judiciaire.



