Un élu de Noisy-le-Sec au cœur d'une polémique raciste
À peine réélu et déjà confronté à une polémique embarrassante. À Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, le 28 mars dernier, un conseiller municipal de la majorité a été surpris en train de tenir des propos racistes lors du conseil municipal d'installation du maire. La scène s'est déroulée à quelques centimètres seulement d'Olivier Sarrabeyrouse, le maire communiste qui venait d'être reconduit dans ses fonctions.
Une erreur de prononciation qui dérape
Albert Prissette, conseiller municipal de 76 ans chargé de l'action sociale et du logement, avait pour mission de faire l'appel des élus en sa qualité de doyen de séance. C'est en prononçant le nom du conseiller municipal Jaouad Merimi qu'il a commis une première erreur, le renommant « Jouad Merimi ». Après avoir été repris par l'assemblée, il a présenté ses excuses pour cette méprise.
Mais selon les informations du Parisien, l'élu aurait ensuite déclaré à une collègue assise à sa droite : « Ils peuvent pas s'appeler Dupont comme tout le monde ? ». Son interlocutrice ne l'ayant pas entendu, Albert Prissette a répété sa phrase alors que son micro était toujours activé. En réponse, la femme a simplement ri, sans relever immédiatement la gravité des propos.
Une réaction politique immédiate
Si la séquence n'a pas été commentée durant la séance elle-même, les différentes oppositions ont vivement réagi par la suite. Le maire Olivier Sarrabeyrouse a pris position sur son compte Facebook, condamnant fermement ces propos qu'il a qualifiés de « forme de racisme banalisé ».
L'édile a reconnu que « sur l'enregistrement sonore de la séance, le commentaire est parfaitement audible », dénonçant un commentaire prononcé « sur le ton d'une blague » mais révélateur d'un problème plus profond.
Les suites de l'affaire
Interrogé par la presse, le maire a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de demander la démission d'Albert Prissette, ce dernier ayant présenté ses excuses depuis l'incident. Jaouad Merimi, le conseiller municipal dont le nom avait été écorché, a confirmé avoir échangé avec son collègue.
« Je sais qu'il ne fera plus la même erreur. [...] On écorche mon nom depuis que je suis enfant », a-t-il expliqué, adoptant une position conciliante tout en reconnaissant la récurrence du problème.
Cet incident met en lumière les difficultés persistantes de certaines collectivités à lutter contre les discriminations, même au sein de leurs propres institutions. La banalisation de propos racistes, même présentés comme des « blagues », reste un défi majeur pour de nombreuses municipalités françaises.



