Ce lundi, au deuxième jour du procès de Jean Pormanove devant la cour d'assises de Paris, l'avocat de Tom Michel, l'un des accusés, a annoncé une stratégie de défense inédite : plaider un mea-culpa complet. Tom Michel, 24 ans, est jugé pour des violences ayant entraîné la mort de Jean Pormanove, 27 ans, en août 2021 à Paris. Selon son avocat, Me Safine, son client « assume ses actes et veut retrouver sa place dans la société ».
Un mea-culpa comme stratégie de défense
Me Safine a expliqué que Tom Michel « ne cherche pas à minimiser sa responsabilité » et souhaite « exprimer ses regrets sincères » aux parties civiles. Cette approche, rare dans un procès criminel, vise à obtenir une peine plus clémente en démontrant une prise de conscience. « Mon client a changé depuis les faits. Il a suivi des formations en prison et veut prouver qu'il peut se réinsérer », a ajouté l'avocat. Tom Michel encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle.
Les faits reprochés
Le 12 août 2021, vers 4 heures du matin, une rixe avait éclaté entre deux groupes dans le 10e arrondissement de Paris. Jean Pormanove, père de famille, avait été roué de coups et était décédé des suites de ses blessures. L'autopsie avait révélé un traumatisme crânien grave. Quatre hommes avaient été mis en examen, dont Tom Michel, identifié comme l'un des principaux agresseurs. Les autres accusés, âgés de 22 à 30 ans, ont des profils plus hétérogènes : l'un est connu pour des faits de violence, un autre est primo-délinquant.
Le parcours de Tom Michel
Tom Michel, originaire de Seine-Saint-Denis, était inconnu des services de police avant les faits. Il travaillait comme livreur et n'avait jamais été condamné. En détention provisoire depuis 22 mois, il a suivi des cours d'alphabétisation et une formation en mécanique. « Il a mûri et comprend la gravité de son acte », a insisté Me Safine. L'avocat a également souligné que son client « a été victime de violences dans son enfance », ce qui pourrait expliquer son passage à l'acte.
La position des parties civiles
Les proches de Jean Pormanove, constitués partie civile, se sont dits « surpris » par cette stratégie. « C'est une tentative de manipuler la cour », a déclaré leur avocat, Me Dupont. « Mon client assume, mais cela ne change rien à la douleur de la famille. Il faut que la justice soit exemplaire. » La famille réclame une peine lourde, estimant que Tom Michel « a agi avec une violence gratuite ».
Un procès sous tension
L'audience se déroule dans un climat tendu. Des incidents ont éclaté entre les familles des accusés et des proches de la victime dans le hall du palais de justice. La présidente de la cour a rappelé à l'ordre les parties. Le verdict est attendu vendredi. Si la défense de Tom Michel obtient gain de cause, il pourrait écoper de 10 à 15 ans de prison, contre 20 ans pour les autres accusés qui n'ont pas exprimé de regrets.
Les enjeux juridiques
Cette affaire pose la question de la place du mea-culpa dans le système judiciaire français. « Les juges apprécient les regrets sincères, mais ils ne suffisent pas à effacer la faute », explique Me Lefèvre, pénaliste non impliqué dans le dossier. « Cela peut jouer sur la peine, mais pas sur la culpabilité. » Tom Michel reste présumé innocent jusqu'au verdict.



