Le procès de l'assassinat de Bakari Touré se poursuit aux assises de Saintes
Le procès de l'assassinat de Bakari Touré, survenu en 2014, se déroule actuellement devant la cour d'assises de Saintes. Cette affaire complexe implique des éléments liés à des activités illégales et la disparition tragique d'un jeune père de famille.
Un jeune père décrit comme souriant et dialoguant
Bakari Touré, surnommé « Bak » par ses proches, était perçu comme un homme souriant, toujours prêt à dialoguer pour résoudre les problèmes. Ses amis le décrivaient comme une force tranquille. Cependant, à l'âge de 29 ans, il a été tué à coups de couteau à Burie dans la nuit du 14 au 15 février 2014, puis son corps a été découpé à la tronçonneuse dans une grange à Chaniers. Ses assassins présumés comparaissent cette semaine devant la cour d'assises.
Les activités illégales et le contexte du meurtre
En 2014, Bakari Touré était impliqué dans un trafic de drogue, achetant en gros de la cocaïne et de l'héroïne pour alimenter des réseaux à Rennes et La Roche-sur-Yon, avec l'intention de s'implanter en Charente-Maritime. Il a été mis en relation avec un revendeur, Julien S., qui lui a présenté Julien Giraud, un autre trafiquant local. Les deux hommes ont commencé à travailler ensemble.
Début février, Bakari Touré, habitant en Bretagne, est retourné en Charente-Maritime sans carte bancaire ni chéquier. Le 14 février, il a passé la journée avec Julien Giraud pour écouler de grandes quantités de cocaïne. Le soir, dans un chemin isolé à Burie, il conduisait sa voiture avec Mathieu Brard à ses côtés et Julien Giraud assis derrière lui. La violence a éclaté : Julien Giraud a porté des coups de couteau et de poing à Bakari Touré au niveau du crâne et du visage.
Bakari Touré a réussi à s'échapper de la voiture et a envoyé un SMS à Julien S. vers 22 heures, déclarant : « Julien Giraud m'a tué ». Environ vingt minutes plus tard, il a appelé les pompiers, expliquant avoir été poignardé mais ne pouvant pas localiser l'endroit. Les enquêteurs ont noté qu'il était très essoufflé et répétait « ils sont là, ils sont là » avant que la communication ne soit interrompue par des bruits sourds.
Les blessures et les mobiles présumés
Les légistes ont relevé 40 plaies franches sur le corps de Bakari Touré. Aujourd'hui, Julien Giraud reconnaît l'avoir tué, mais affirme avoir agi par vengeance, soupçonnant Bakari Touré d'avoir violé sa copine, Jessica Labbé. Devant les jurés, Jessica Labbé a témoigné, très fébrile, racontant que Bakari Touré était venu chez elle à Marennes le mardi précédant les faits. Elle l'avait appelé pour joindre Julien Giraud, et Bakari Touré est arrivé avec des croquettes, expliquant que Julien était avec une autre fille.
Il lui a proposé un gramme de cocaïne en disant : « il faut que ça m'arrange », ce qu'elle a interprété comme une proposition de rapport sexuel. Elle l'a éconduit et a tout raconté à Julien Giraud. Pressée par l'avocate de Julien Giraud, Me Satta, Jessica Labbé a précisé que Bakari Touré s'était également mis en caleçon. Elle a confirmé que Julien Giraud était parti ce soir-là pour « lui faire du mal », ajoutant presque inaudiblement « pour qu'il le tue ».
Armand Vicard, ami de Julien Giraud et accusé de recel de cadavre, a expliqué à la barre : « Après les faits, Julien Giraud m'a expliqué que Bakari lui mettait la pression pour qu'il écoule toujours plus de drogue. Il m'a dit : « c'était lui ou moi » ». Ce témoignage soulève des questions sur les mobiles, entre vengeance personnelle et tensions liées au trafic de drogue.
Les enjeux du procès
Le procès vise à déterminer si le meurtre était prémédité, ce qui constituerait un assassinat. Les éléments présentés, y compris les témoignages et les preuves médico-légales, sont cruciaux pour établir les responsabilités et les circonstances exactes de cette affaire tragique qui continue de captiver l'attention publique.