Le procès d'Anasse Kazib, militant trotskiste et syndicaliste cheminot, poursuivi pour apologie du terrorisme, a été renvoyé ce vendredi 26 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Paris. La décision fait suite à une contestation soulevée par la défense concernant la recevabilité d'une des parties civiles.
Les faits reprochés
Anasse Kazib, figure connue du mouvement ouvrier et de l'extrême gauche, était jugé pour des propos tenus en 2024 lors d'une manifestation pro-palestinienne. Selon l'accusation, il aurait déclaré : « Soutenir le Hamas, c'est soutenir la résistance légitime du peuple palestinien », ce qui a été interprété comme une apologie d'actes terroristes. Le parquet de Paris avait requis une peine de six mois de prison avec sursis et une amende de 5 000 euros.
La contestation de la partie civile
Lors de l'audience, la défense a contesté la qualité à agir de l'une des associations constituées partie civile, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF). Les avocats de Kazib ont argué que l'UEJF n'avait pas d'intérêt direct à agir dans cette affaire, car les propos incriminés ne visaient pas spécifiquement la communauté juive. Le tribunal a estimé que cette question méritait un examen approfondi et a ordonné le renvoi de l'affaire à une date ultérieure, fixée au 15 octobre 2026.
Réactions et implications
Anasse Kazib, qui comparaissait libre, a déclaré à la sortie du tribunal : « Ce procès est politique. On veut faire taire les voix qui soutiennent la Palestine. Je suis confiant dans la justice. » De son côté, l'avocat de l'UEJF, Me David Elkaïm, a affirmé : « Notre constitution de partie civile est parfaitement légitime. Nous combattons l'antisémitisme sous toutes ses formes, y compris lorsqu'il se cache derrière un discours politique. »
Un contexte tendu
Cette affaire intervient dans un climat de tensions accrues autour du conflit israélo-palestinien. Depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, plusieurs personnalités et militants ont été poursuivis en France pour apologie du terrorisme. Selon le ministère de la Justice, 127 procédures pour apologie du terrorisme ont été ouvertes entre octobre 2023 et juin 2026, dont 45 ont abouti à des condamnations.
Le renvoi du procès de Kazib pourrait être perçu comme une victoire pour la défense, mais il soulève également des questions sur la recevabilité des parties civiles dans ce type d'affaires. La décision du tribunal en octobre sera scrutée de près par les associations de défense des droits humains et les organisations juives.



