Incendie symbolique d'une effigie politique au cœur du carnaval basque
Une effigie géante à l'effigie de Jordan Bardella, président du Rassemblement national et député européen, a été réduite en cendres sur la place publique lors des festivités du carnaval à Hasparren, dans le Pays basque. Cet événement, survenu samedi 7 février, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique français et suscité de vives réactions.
Une enquête judiciaire rapidement déclenchée
Face à la diffusion massive de vidéos de l'incident sur les réseaux sociaux et aux protestations de plusieurs figures politiques d'extrême droite, le parquet de Bayonne a réagi avec célérité. Ce jeudi, les autorités judiciaires ont officiellement annoncé l'ouverture d'une enquête, confiée à la gendarmerie de la compagnie de Bayonne. Cette décision fait suite à un signalement formel émanant de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, soulignant la sensibilité particulière de l'affaire.
Les réactions politiques : accusations et condamnations
Sur la plateforme X, le député RN Mathieu Valet n'a pas mâché ses mots, pointant du doigt « l'extrême gauche » qu'il accuse d'avoir détourné le carnaval en « tribune de haine ». Il dénonce une instrumentalisation de l'événement traditionnel et une banalisation de « la violence comme mode d'expression politique ». Dans la même veine, Philippe Ballard, député RN de l'Oise, a qualifié la scène de « mise en scène de haine politique », reflétant l'indignation d'une partie de la classe politique.
Le carnaval d'Hasparren : entre tradition et polémique
Il est essentiel de rappeler que le carnaval d'Hasparren, comme dans de nombreuses autres communes du Pays basque, s'inscrit dans une tradition ancestrale. Au cœur de ces célébrations, la figure emblématique du Zanpantzar est traditionnellement brûlée, un rite symbolique marquant la fin de l'hiver et l'avènement du renouveau printanier. Cette année, la substitution de l'effigie traditionnelle par une représentation de Jordan Bardella a transformé ce moment folklorique en un acte à forte connotation politique, brouillant les frontières entre coutume locale et message militant.
L'enquête en cours devra notamment déterminer les circonstances exactes de cet acte, les responsabilités éventuelles et évaluer si des infractions pénales, telles que l'incitation à la haine ou la dégradation de bien symbolique, ont été commises. Cet incident illustre une fois de plus la polarisation croissante du débat public et la manière dont les événements culturels traditionnels peuvent devenir le théâtre d'expression de tensions politiques contemporaines.