À peine arrivé à Mexico pour couvrir la Coupe du monde, un journaliste de 20 Minutes a vécu une mésaventure rocambolesque : un policier de la circulation l'a extorqué de près de 200 euros, à seulement 300 mètres de l'aéroport. Le récit de ce baptême du feu de la « Mordida », le pot-de-vin local.
Un arrêt musclé dès les premiers mètres
Le journaliste, Aymeric, raconte avoir loué une voiture à l'aéroport de Mexico. Après seulement 300 mètres de route, un policier à moto l'a sommé de le suivre. Garé dans une rue adjacente, l'agent s'est présenté comme membre de la police municipale de la circulation. Le ton était d'abord cordial, avec poignée de main, avant de basculer.
Le motif : avoir roulé sur la voie réservée aux Trolebús, ces bus électriques. Le GPS avait pourtant indiqué cette voie pour rejoindre l'hôtel. Le policier a listé deux infractions, dont une non précisée, et a présenté, via Google, le texte de loi et le montant de l'amende : 11 800 pesos, soit environ 500 euros.
Un terminal de carte bancaire étrangement défectueux
Après plusieurs tentatives infructueuses de paiement par carte bancaire, le policier a suggéré un arrangement. Il a demandé au journaliste combien d'argent liquide il avait sur lui. Ce dernier a avoué avoir 3 000 pesos (environ 150 euros). Le policier a alors aperçu une liasse de dollars restant d'un précédent séjour à Dallas, soit 40 dollars. Il a exigé le tout, et le journaliste s'est exécuté, sans demander de reçu ni relever le matricule de l'agent. Le policier est reparti, empochant près de 200 euros.
Selon une étude récente de l'Institut national de statistique mexicain, la police de la circulation est considérée comme la plus corrompue du pays, avec 75 % d'opinions défavorables. Une autre étude de l'ENVIPE confirme que les policiers de la circulation sont perçus comme les plus corrompus. Le journaliste apprendra plus tard que demander une amende écrite ou le matricule de l'agent peut souvent faire changer la situation.
Mexico à pied : une expérience bien plus agréable
Malgré cette mésaventure, le journaliste a pu profiter de Mexico une fois la voiture garée. Il décrit une ville chaleureuse, avec une ambiance festive pour la Coupe du monde, des marchands ambulants sympathiques et une vie foisonnante dans les rues et les parcs. Il conclut : « Sans rancune, Mexico, on va dire que ce n'était là qu'un passage obligé pour mieux profiter du reste du séjour. À pied, toujours à pied. »



