Climatisation : le retard européen face aux États-Unis et à l'Asie
Retard européen en climatisation face aux États-Unis et Asie

À chaque épisode de canicule, le même ballet se répète à Paris : faute de refuges climatisés, les touristes finissent à moitié vêtus dans les bassins et fontaines. Derrière ces scènes pittoresques se cache une réalité moins amusante : la France et l'Europe accusent un retard considérable sur les États-Unis et l'Asie en matière de climatisation.

Un fossé injustifié

Outre-Atlantique, 90 % des foyers sont équipés de climatisation, indépendamment du niveau de revenu. En Europe, cette proportion chute à 20 % en moyenne. Même si les perceptions évoluent et que la climatisation réversible connaît un regain de popularité, un fossé persiste, que rien ne justifie vraiment.

Depuis les années 1980, le Vieux Continent se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, selon un rapport récent de l'observatoire Copernicus. La raison tient à la géographie : l'Europe est proche de l'Arctique, où les températures grimpent trois à quatre fois plus rapidement. S'y ajoute un dérèglement de la circulation atmosphérique qui charrie plus d'air chaud venu du Sud. Autant de raisons de se tourner sans complexe vers la technologie pour se rafraîchir.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'atout de l'électricité décarbonée

L'Europe dispose d'un atout de poids : une électricité de plus en plus décarbonée, portée par l'essor des renouvelables et la présence du nucléaire. Brancher la climatisation sur le réseau n'a rien d'une faute morale. Le solaire est même l'allié naturel de la climatisation : quand il fait chaud, il brille souvent et peut générer de l'énergie. Certaines régions australiennes en tirent déjà parti : aux alentours de midi, l'électricité y est gratuite grâce à une production photovoltaïque abondante, permettant aux habitants de refroidir leur logement au moment où ils en ont le plus besoin. Rien n'empêche, en théorie, ce modèle de s'exporter en Europe.

Un enjeu de productivité

“Les Européens devraient apprendre à aimer la climatisation”, titrait récemment The Economist. Pas seulement pour des raisons de confort ou de santé : la climatisation est aussi un levier de productivité. Quand le thermomètre s'emballe sans possibilité de répit, les salariés perdent en efficacité, qu'ils travaillent dans un centre d'appels, une brigade de restaurant ou depuis leur domicile. Un détail à ne pas négliger à l'heure où l'Europe affiche un retard de croissance préoccupant face au reste du monde.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale