Pol, un prénom en trois lettres : le combat administratif d'une famille parisienne
Pol, un prénom en trois lettres : le combat administratif

Pol, un prénom en trois lettres : le combat administratif d'une famille parisienne

Denis Kahane-Pavadé est né en 1962, dans le 12e arrondissement de Paris. Le choix de son prénom s'est imposé naturellement à ses parents, désireux de perpétuer une tradition familiale singulière.

Une histoire de famille et de graphie

Le grand-père paternel de Denis s'appelait Paul. Son arrière-grand-père maternel portait le prénom Pol. Les parents de Denis « voulaient conserver la graphie originale et particulière de Pol », raconte-t-il. Une volonté claire et assumée, qui allait pourtant se heurter à l'intransigeance de l'administration.

Le couple se présente à la mairie du 12e arrondissement, déterminé à inscrire leur fils sous le prénom Pol, en trois lettres simples. Mais dans le bureau de l'officier d'état civil, leur demande est immédiatement rejetée. « Non, non, ça ne s'écrit pas comme cela ! », s'exclame le fonctionnaire, refusant catégoriquement d'enregistrer ce prénom.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le cadre légal rigide de l'époque

À cette période, le choix des prénoms est strictement encadré par la loi. L'article 1er de la loi du 11 germinal de l'an XI, promulguée le 1er avril 1803, stipule que seuls sont acceptés « les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l'histoire ancienne ». Un catalogue très restrictif, qui laisse peu de place à l'originalité ou aux traditions familiales particulières.

Il faut attendre 1966 pour voir les premières évolutions. Certains prénoms étrangers commencent alors à être tolérés. Une circulaire du ministère de la justice recommande notamment « l'admission des prénoms coraniques pour les enfants de Français musulmans », marquant un premier assouplissement des règles.

La libéralisation progressive du choix des prénoms

La véritable révolution intervient avec la loi du 8 janvier 1993. Ce texte législatif accorde enfin une liberté presque totale aux parents dans le choix du prénom de leur enfant. Les contraintes administratives s'estompent, permettant désormais d'honorer des héritages familiaux, des graphies originales ou des inspirations diverses sans entrave bureaucratique.

L'histoire de Denis Kahane-Pavadé et de ses parents illustre ainsi un parcours semé d'embûches administratives, mais aussi l'évolution significative du droit français en matière d'état civil. D'un cadre rigide et restrictif, la législation a progressivement évolué vers une reconnaissance accrue de la diversité et de la liberté individuelle.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale