Un Syrien qui avait poignardé quatre très jeunes enfants et deux adultes en juin 2023 dans un parc d’Annecy est renvoyé devant les assises de Haute-Savoie pour « tentatives d’assassinat », a annoncé mercredi la procureure Line Bonnet.
Les juges d’instruction ont estimé que cet homme de 31 ans « était possiblement atteint de troubles n’ayant pas aboli mais altéré son discernement » au moment des faits, précise la magistrate dans un communiqué. Cette décision, initialement révélée par Le Figaro, est conforme aux réquisitions du parquet mais peut encore faire l’objet d’un appel.
Des victimes très jeunes
Le 8 juin 2023, Abdalmasih Hanoun s’était attaqué à des enfants sur une aire de jeu près du centre historique d’Annecy. Il avait grièvement blessé quatre enfants âgés de 22 à 36 mois, dont une Britannique et une Néerlandaise, ainsi que deux promeneurs septuagénaires. La justice avait rapidement écarté toute motivation terroriste.
Un parcours chaotique
Après avoir fui la guerre en Syrie via la Turquie, ce chrétien d’Orient avait obtenu le statut de réfugié en Suède fin 2013, mais n’avait pas réussi à obtenir la nationalité suédoise. Il avait quitté son pays d’accueil en mars 2022 après une séparation avec son épouse, lui laissant la garde de leur fille de trois ans. Il était passé par l’Italie et la Suisse avant d’arriver à Annecy en octobre 2022, où il a vécu sans domicile fixe jusqu’à l’attaque.
Expertises psychiatriques contradictoires
Lors de l’instruction, une première expertise psychiatrique avait conclu à l’abolition du discernement de l’accusé, ce qui aurait exclu toute réponse pénale, car cela signifie que l’intéressé n’est pas en capacité de comprendre la gravité de ses actes. Mais une seconde expertise a estimé qu’il souffrait d’une simple « altération » du discernement et était responsable de ses actes, permettant ainsi d’envisager un procès. C’est cette seconde expertise qui a été retenue par les juges d’instruction.
Le renvoi devant la cour d’assises ouvre la voie à un procès pénal, où la question de la responsabilité pénale de l’accusé sera au cœur des débats.



