Piégé par une IA : un ex-prof piégé par un youtubeur, quels risques ?
Piégé par une IA : un ex-prof en garde à vue

Un ex-professeur de sport de 66 ans a été placé en garde à vue après avoir été piégé par un youtubeur utilisant un faux profil de mineure créé par intelligence artificielle. Des échanges à caractère sexuel qui peuvent être qualifiés de « corruption de mineur » et entraîner des poursuites.

Un piège en direct sur les réseaux sociaux

Lundi soir, un youtubeur a piégé un pédocriminel récidiviste sur les réseaux sociaux, en direct. Ce mardi, un ex-professeur de sport a été placé en garde à vue après avoir été piégé par un youtubeur qui « traque » des pédophiles sur les réseaux sociaux, à l’aide d’un profil d’adolescente généré par une intelligence artificielle. Alors que des extraits exposant le suspect et la fausse mineure cumulent des centaines de milliers de vues en ligne, son procédé interroge : un échange entre un prédateur présumé et une fausse mineure peut-il systématiquement entraîner des poursuites en justice ?

Les faits

Dans un visio entièrement mis en ligne ce mercredi, on peut voir Dominique B., 66 ans, ancien professeur d’EPS et ancien directeur du sport scolaire (UNSS) auprès de l’inspectrice d’académie de Haute-Saône, s’adresser à ce qu’il croit être une adolescente de 14 ans. Au bout de seulement cinq minutes d’échanges, celui qui se surnomme « Christophe » sur Snapchat, demande à sa jeune interlocutrice de montrer une partie de sa brassière.

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Quels risques juridiques pour les pédocriminels ?

Les échanges à caractère sexuel avec un faux profil de mineure peuvent être qualifiés de « corruption de mineur » et entraîner des poursuites pénales. En France, le fait de proposer à un mineur des relations sexuelles, même par le biais d’un faux profil, peut être réprimé. La jurisprudence considère que l’intention de commettre l’infraction est suffisante, même si la victime est fictive.

Les suites judiciaires

L’ex-professeur de sport a été placé en garde à vue. Il risque des poursuites pour corruption de mineur et tentative de corruption de mineur. La peine encourue peut aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Le youtubeur, de son côté, pourrait être poursuivi pour provocation à la haine ou à la violence, mais son action est souvent tolérée au nom de la lutte contre la pédocriminalité.

Un débat sur les méthodes de ces chasseurs

Les méthodes de ces youtubeurs, qui piègent des pédocriminels présumés, suscitent un débat. Certains les considèrent comme des justiciers, d’autres comme des provocateurs. La justice doit trancher au cas par cas, en fonction des preuves et de la légalité des procédés.

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