Nîmes : un trafic organisé dans les épiceries devant la justice
Ce vendredi 3 avril, le tribunal correctionnel de Nîmes a jugé sept prévenus, dont cinq présents à l'audience, impliqués dans une affaire de vente frauduleuse de tabac, de protoxyde d'azote et de travail dissimulé en bande organisée. Les faits remontent à la période entre septembre 2022 et avril 2023, avec des zones d'ombre persistantes sur les transactions financières.
Une affaire bien rodée révélée par une dénonciation anonyme
L'enquête a débuté en octobre 2022 suite à une dénonciation anonyme ciblant Mohammed, un homme de 43 ans suspecté d'approvisionner plusieurs épiceries de Nîmes en cigarettes étrangères. Les établissements concernés incluent "Le Faita", "Épicerie Shop" et "Hyper Bazar", situés rue Vincent Faïta, route de Beaucaire et boulevard Gambetta. Selon le président Jérôme Reynes, des allers-retours quotidiens impliquaient des palettes de marchandises évaluées à plus de 100 000 euros, stockées dans des boxes.
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont saisi des cartouches de cigarettes provenant de pays étrangers, avec plus de cinquante unités dans certains commerces. Des bonbonnes de protoxyde d'azote et des "crackers" facilitant l'extraction de ce gaz hilarant, strictement interdits, ont également été retrouvés. De manière surprenante, du miel aphrodisiaque, un produit illégal en raison de ses risques pour la santé, était dissimulé dans une trappe d'une épicerie.
Des zones d'ombre financières et des antécédents judiciaires
Au cours de l'audience, les prévenus ont contesté les infractions, certains invoquant une consommation personnelle ou une méconnaissance de la légalité. Mohammed a reconnu les livraisons mais nié l'approvisionnement en cigarettes. Cependant, l'absence de transactions sur leurs comptes bancaires a intrigué les enquêteurs : plusieurs gérants n'avaient même pas de compte professionnel, malgré des terminaux bancaires ayant transité des montants de 124 000 à 509 000 euros.
Le président et le procureur Frédéric Kocher ont souligné les antécédents judiciaires des prévenus, avec des condamnations antérieures pour des faits similaires ou du trafic de stupéfiants, totalisant 70 à 80 mentions au casier judiciaire. La récidive légale a été retenue, influençant les réquisitions.
Les plaidoiries de la défense et le verdict final
Les avocats de la défense, Mes Proix, Rey et Rosello, ont plaidé la relaxe sur le travail dissimulé en bande organisée, arguant de l'absence de preuves téléphoniques et de la faible portée des vidéos de surveillance. Ils ont également demandé une réduction de la période de prévention et des amendes. Me Proix a défendu son client, poursuivi pour recel de vol, en invoquant l'acquisition des objets à la brocante.
Après délibéré, tous ont été reconnus coupables. Mohammed a été condamné à 3 ans de prison dont un an de sursis probatoire, tandis que les autres écopent de peines allant de 10 mois de sursis probatoire à 2 ans dont un an assorti d'un probatoire. Des amendes de 8 000 à 50 000 euros ont été prononcées, et les scellés confisqués.



